lundi 12 mai 2008

Le pouvoir d’achat des Français délégué aux hypermarchés

La loi de modernisation de l’économie (LME) présentée par Bercy compte sur une plus grande concurrence entre hypermarchés pour faire baisser les prix. Alors que l’inflation s’établit à 3%…

A l’heure où le pouvoir d’achat des Français devient une question pressante, tout ce que fait le gouvernement devient subitement bon pour le porte-monnaie. Y compris la loi de modernisation de l’économie (LME), présentée lundi en conseil des ministres par Christine Lagarde. Une loi censée « combattre les rentes et les abus de position dominante ». Donc de faire baisser les prix, espère la ministre de l’Economie.

"Aujourd’hui, ce qu’on veut faire avec la LME, c’est rétablir la transparence et la négociabilité des conditions générales de vente", a dit la ministre. "J’attends des distributeurs qu’ils jouent le jeu des prix bas", a-t-elle aussi dit, de quoi inquiéter les producteurs de fruits et légumes, déjà pressurés par la grande distribution. Plusieurs organisations de producteurs et de petits distributeurs ont d’ailleurs lancé une pétition.

Inquiétudes des producteurs
La FNSEA, Coop de France, ainsi que l’ANIA, association des industries alimentaires, mais aussi la CGPME disent « non à l’asphyxie des PME et à la suppression de milliers d’emplois ». « Ce texte donne les clés de nos entreprises à la grande distribution, déjà toute puissante ».
Le projet vise donc à assouplir les règles sur l’équipement commercial notamment pour les magasins de plus de 300 m2, régis par une réglementation qui préserve le commerce de proximité. Les députés UMP eux-mêmes seraient divisés sur la question "Notre projet" consiste à "permettre à des distributeurs qui ne sont pas implantés, de le faire sans contraintes", a dit sans ambages la ministre.

Elle souhaite que "distributeurs et fournisseurs puissent négocier de manière beaucoup plus souple leurs conditions générales de vente », et « répercuter les baisses de prix" aux consommateurs. Le régime des soldes doit être également élargi.

Les hypermarchés, grands gagnants
Le patron des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, ne s’y est pas trompé en exprimant son "soutien" au projet de loi. S’il est « voté à la fin du printemps, dès la rentrée, il y aura des actions spectaculaires de l’ensemble des distributeurs", ce qui amènera "une tension positive sur les prix pour le pouvoir d’achat", a-t-il estimé en évoquant "2% d’économies supplémentaires", et "ça va diviser par deux l’inflation". Pour l’amener "à quelque chose qui correspond aux augmentations de salaires". Ce qui veut dire : pas de pouvoir d’achat en plus, mais juste son maintien… Même ceux qui soutiennent le projet ne croient pas une seconde qu’il va redonner du pouvoir d’achat aux Français.

L’ensemble des mesures du projet de loi devrait permettre selon le gouvernement la création de 250.000 emplois en cinq ans. Un autre volet du projet de loi est consacré au statut de l’entrepreneur individuel, dont les démarches administratives vont être simplifiées et qui ne paiera pas de charges lorsqu’il ne fera pas de chiffre d’affaires.

Le travail le dimanche et le projet de loi introduisant les "actions de groupe" (class actions) dans le droit français, finalement exclus de la LME, feront l’objet de textes distincts de la LME.

P.Z.

Source : http://www.humanite.fr/Loi-de-Modernisation-de-l-economie-LME-Christine-Lagarde

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