samedi 28 juin 2008

Débat Badiou/Zizek

Slavov Zizek est docteur en psychanalyse et philosophe tout comme Alain Badiou. Depuis plusieurs mois (et il faut s'en réjouir) ces deux philosophes débatent et (on croit rêver) trouvent une certaine tribune médiatique pour exprimer leur point de vue.

Le 16 mai dernier, l'ENS (où enseigne A. Badiou) organisat une conférence entre ces deux penseurs. L'Humanité du 24 mai reprit sur deux pages l'essentiel de l'intervention de chacun. Malheureusement (est-ce un hasard?), il n'en est aucune trace dans les "archives intégrales" en ligne.

Si les actions concrètes des communistes sont nécessaires, elles doivent s'appuyer sur une intense réflexion et compréhension des concepts. Car on ne peut faire la Révolution la tête vide, aucun communiste ne doit faire l'économie des débats.

Pour les nourir, voici quelques articles intéressants :

Le Figaro : Badiou, Zizek,le retour de la Terreur Par Yves Charles Zarka
Aujourd'hui, comment ré­in­venter la Terreur (ja­cobine) ? Étrange question, n'est-ce pas ? On aurait plutôt attendu la question inverse : comment éviter la Terreur ? C'est pourtant la première qui constitue l'interrogation cen­trale de la présentation par Slavoj Zizek des discours de Robespierre. Voilà donc un philosophe qui entend trouver dans la terreur le seul et unique moyen de nous libérer de l'avènement du capitalisme mondial, de rompre avec la (post) politique de la peur qui se généralise dans la société, d'en finir avec l'administration «biopolitique» de la vie qui dé­finit selon lui la démocratie li­bé­rale, et last but not least d'éviter la catastrophe écologique qui plane sur l'humanité. Excusez du peu !

Pour s'arracher à ces périls, il faut revenir à Robespierre, à la vraie Terreur, c'est-à-dire à « l'idée éternelle de la politique de la justice révolutionnaire, qui fut en vigueur depuis les anciens légistes chinois, jusqu'à Lénine et à Mao, en passant par les Jacobins» telle qu'elle se trouve ­définie, selon Zizek, par Alain Badiou dans son ouvrage Logiques des mondes. Il y aurait donc une vérité éternelle de la justice révolutionnaire qui traverserait l'histoire pour en marquer les moments forts, les moments universels. Elle serait constituée de quatre traits décisifs : la jus­tice radicalement égalitaire, la terreur à travers «un châtiment impitoyable pour tous ceux qui violent les mesures protectrices imposées» et le volontarisme qui peut seul «stopper le train de l'histoire qui roule vers le précipice de la catastrophe mon­diale» , enfin, la confiance dans le peuple qui ne peut pas ne pas soutenir ces mesures sévères. Le peuple, le vrai, ne peut pas ne pas aimer la terreur.

Est-ce là de la philosophie ou de l'aveuglement ? Une chose est sûre, les philosophes de la terreur connaissent un succès grandissant et, par certains côtés, in­quiétant auprès de la jeunesse. Leur caractéristique principale est une haine farouche de la dé­mocratie libérale, dont, soit dit en passant, ils n'ont jamais dé­daigné les avantages de toute sorte. Il y a en effet pour eux deux sortes de démocraties : la fausse et la vraie.

La fausse est évidemment la démocratie libérale où règnent l'inégalité, la corruption et l'ex­clusion des sans-droits et des sans-parts. La vraie est celle où règnent la vertu et la terreur, comme si la vertu peut tempérer la terreur, comme si la plus terrible des terreurs n'est pas celle qui est exercée au nom de la ­vertu et d'une vérité absolutisée. La vraie démocratie est ainsi la prise du pouvoir par les sans-droits et les sans-parts.

Les philosophes de la terreur haïssent la démocratie libérale, mais ils haïssent au moins autant l'hu­manisme qui lui est lié : «ré­péter l'événement désigné par le nom “Robespierre” c'est passer de la ter­reur humaniste (de Robes­pierre) à la terreur antihuma­niste (ou plutôt antihumaine)». Il faut donc aller au-delà de Robespierre, qui a eu la main trop courte, aller jusqu'à l'affirmation d'une terreur antihumaine.

Derrière l'homme, il y a en effet, pour ces philosophes, l'inhumain, comme derrière le prochain, qui permettait à Levinas de penser la responsabilité éthique, il y a la monstruosité.
Cette apologie de la terreur et de l'antihumanisme radical réactive les vieilles lunes marxistes-léninistes du siècle passé que l'on croyait définitivement oubliées : la figure du traître à la révolution, l'idée que la révo­lution n'a pas besoin de justi­fication, elle ne s'autorise que d'elle-même, sans oublier l'inénarrable dictature du prolétariat.

La vraie démocratie ne peut s'imposer que par la dictature, parce qu'elle est le moment où la partie s'impose au tout de la société : «La dictature du prolétariat est un autre nom pour la violence de l'explosion démocratique elle-même» (Zizek). C'est précisément en ce point que l'extrême gauche rejoint l'extrême conservatisme de la droite radicale, car Zizek n'est pas très loin, sur ce point précis, de Carl Schmitt, le fameux juriste du IIIe Reich, qui haïssait également la démocratie libérale et pour lequel la véritable démocratie, celle où le prolétariat est intégré à l'unité politique, est dictatoriale.

On comprend ainsi la fortune de Carl Schmitt aujourd'hui, explicitement ou implicitement, à l'extrême gauche. Faut-il en pleurer ? Faut-il en rire ? Les deux à la fois sans doute. Mais surtout en rire cependant, car ces philosophes de la terreur ne sont finalement que des terroristes de salon.


Libération : Ces intellos qui rejettent la démocratie par Eric Aeschimann


Malaise dans la démocratie, brouillard sur les urnes. Est-ce l’effet retard d’une succession de scrutins aux résultats déroutants pour la gauche ? Un mouvement d’humeur face à la démocratie libérale triomphante ? La nouvelle lubie de quelques philosophes ? Ou une crise plus profonde ? Le fait est là : la démocratie, en tout cas dans sa forme électorale, est mal en point et les intellectuels viennent à son chevet. Certains pour se demander ce que signifie cet accès de fièvre. D’autres, plus radicaux, pour affirmer que, dans un monde plus complexe et plus inégalitaire que jamais, le système représentatif ne permet plus au plus grand nombre de participer à la prise de décision collective et qu’il faut désormais s’interroger sur ses fondements même.

Punir les élus. Le constat, d’abord. Il traverse les clivages politiques. Venus de la gauche antitotalitaire, des historiens des idées tirent la sonnette d’alarme. «La démocratie d’élection s’est incontestablement érodée», écrivait Pierre Rosanvallon fin 2006 dans La Contre-Démocratie. Proche de la deuxième gauche, il y décrivait les diverses formes de la «défiance» démocratique, de la «démocratie négative» : abstention, manifestations, volonté de surveiller et de punir les élus. Dans l’introduction du premier tome de L’Avènement de la démocratie, paru à l’automne, son collègue Marcel Gauchet préfère parler d’«un e anémie galopante», une «perte d’effectivité» qu’il attribue à une «crise de croissance» de grande ampleur. L’ironie veut que ces analyses se développent au moment même où, pratiquement à l’opposé de l’échiquier intellectuel, la critique de la «démocratie formelle», aussi vieille que le marxisme, connaît une deuxième jeunesse.

En témoigne le succès inattendu du petit essai du philosophe, Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, véritable charge contre la loi des urnes. «Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel», écrit-il. Face à la «corruption» des démocraties par les puissances de l’argent, l’heure serait venue de définir «une nouvelle pratique ce qui fut nommé "dictature" (du prolétariat). Ou encore, c’est la même chose : un nouvel usage du mot "Vertu".»

Plusieurs voix se sont élevées - celles de Bernard-Henri Lévy ou du critique littéraire Pierre Assouline - pour dénoncer le retour d’une rhétorique associée au communisme stalinien. Michel Taubman, directeur de la revue Le Meilleur des Mondes, guère suspect de complaisance envers la pensée gauchiste, affiche, lui, une certaine placidité : «Il y a trente ans, en France, 20 % de la population dénonçait la démocratie bourgeoise et croyait à la dictature du prolétariat. On vivait avec. En réalité, ces intellectuels radicaux ne représentent rien, car, aujourd’hui, même Besancenot défend la démocratie électorale.» Pourtant, que la discussion prenne en France une tournure si véhémente n’est pas un hasard. «Les Français sont, au plan européen, les plus pessimistes sur leur démocratie et leurs représentants», note Stéphane Rozès, directeur de l’institut CSA. La crise, diagnostique-t-il, est «spirituelle» et sanctionne le discours d’impuissance tenu par les responsables politiques face à la mondialisation.

«Impuissance». Abstention à la présidentielle de 2002, victoire du non au traité constitutionnel européen, coups de cœur aussi brusques qu’éphémères pour Ségolène Royal puis François Bayrou, participation massive pour le sacre de Nicolas Sarkozy, scrutins locaux transformés en défouloirs, la boussole s’affole. Ni les frasques sarkoziennes ni la ratification du mini traité européen ne devraient contribuer à restaurer la confiance dans les vertus du bulletin de vote. De quoi conforter Badiou, pas fâché de constater dans son livre : «L’impuissance était effective, elle est maintenant avérée.»

«Les Français ne reprochent pas aux politiques leur manque de proximité, mais leur irresponsabilisation», reprend Rozès, ajoutant que les Français y sont d’autant plus sensibles que leur vivre-ensemble n’est pas fondé sur la religion ou l’ethnie, mais sur le partage d’idéaux politiques. Reste à se mettre d’accord sur les causes de l’impuissance démocratique. C’est tout l’enjeu de la réflexion qui s’engage. Pour Marcel Gauchet, l’avènement d’une conception hypertrophiée des droits de l’homme a fini par priver la collectivité de tout moyen d’action. Patrick Braouzec, député communiste de Saint-Denis, pense au contraire que «à côté des élections, auxquelles les gens sont très attachées, mais qui constituent un moment spécifique, la démocratie ne peut que s’atrophier si elle ne s’appuie pas également sur une démocratie participative et sur le mouvement social». Un «mouvement social» aux contours flous - manifestations de rue, soutiens aux enfants sans-papiers, opérations médiatiques des Enfants de Don Quichotte… - et qui, poussé à l’extrême, rappelle le titre d’un livre du philosophe John Holloway, en vogue chez les altermondialistes : Comment changer le monde sans prendre le pouvoir. Faire de la politique, d’accord, mais hors les urnes.

Le philosophe slovène Slavoj Zizek, star des campus américains et habitué des blagues provocatrices, va encore plus loin en estimant que seule «la violence populaire» permettra aux classes défavorisées de se faire entendre dans des démocraties libérales. Žižek publie ce mois-ci en France un recueil des «plus beaux discours de Robespierre», précédé d’une longue introduction où il se demande comment «réinventer une terreur émancipatrice». Icône de la pop-philosophie, connu d’abord pour ses analyses du cinéma hollywoodien, l’homme est pourtant le contraire d’un nostalgique. Il a combattu en son temps le «socialisme réel» dans la Yougoslavie titiste et participé aux premiers pas de la démocratie slovène. Sa radicalisation semble montrer que le désenchantement démocratique ne saurait se réduire à une exception française.

«Arrogance occidentale». C’est que, un peu partout sur la planète, les processus de démocratisation connaissent des ratés, d’ordres divers, qui mettent à mal la «promotion de la démocratie», pour reprendre le vocabulaire en usage à l’ONU depuis les années 90 : l’Irak et l’Afghanistan, mais aussi la Russie reprise en main par Poutine, l’Algérie ou la Palestine où les islamistes se sont vus confisquer leurs victoires gagnées par les urnes. Ou encore, la montée des populismes en Pologne, au Danemark, en Belgique. Voire une Amérique qui, pour imposer la démocratie, n’a pas hésité à transgresser les principes élémentaires du droit. De quoi nourrir pour un bon moment le débat. Car, qu’on le veuille ou non, celui-ci est ouvert. Dans le numéro de janvier de la revue Esprit, Pierre Rosanvallon pointait «une certaine arrogance occidentale et un certain aveuglement sur la nature et les problèmes de la démocratie.» En publiant les interviews de Marcel Gauchet et Slavoj Zizek, Libération verse deux pièces au dossier.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310423.FR.php
Interview de S.Zizek dans Libération

Slavoj Žižek est philosophe. Il publie et préface deux anthologies «rouges» : Robespierre : entre vertu et terreur, (éd. Stock) et Au bord de la révolution. Lénine commenté par Žižek (éd. Aden).

Quelle critique faites-vous à la démocratie ?
Peut-être la même que les conservateurs… Les conservateurs ont le courage d’admettre que la démocratie est dans une impasse. On s’est beaucoup moqué de Francis Fukuyama lorsqu’il a annoncé la fin de l’histoire, mais aujourd’hui, tout le monde accepte l’idée que le cadre démocratico-libéral est là pour toujours.
On se contente de réclamer un capitalisme à visage humain, comme on parlait hier d’un communisme à visage humain. Regardez la science-fiction : visiblement, il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme.

Le capitalisme, c’est la cible, derrière la critique de la démocratie ?
Soyons clair : l’Europe de l’après-guerre a connu un niveau moyen de bonheur jamais vu. Mais quatre problèmes majeurs viennent déséquilibrer le modèle démocratico-libéral.
1) Les «sans-part», les sans-papiers, sans-abri, sans-emploi, ceux qui ne participent pas à la vie de la communauté, dont l’Etat ne s’occupe plus.
2) La propriété intellectuelle, que le marché ne parvient plus à réguler, comme le montre le destin délirant de Bill Gates, fondateur de Microsoft.
3) L’environnement, dont la régulation peut assurer le marché lorsque la pollution est mesurable, mais pas quand le risque devient incalculable - Tchernobyl, les tempêtes…
4) La biogénétique : est-ce au marché de dire où commence l’humain ?
Dans ces quatre domaines, ni la démocratie libérale, ni le capitalisme global n’apportent les bonnes réponses.

Quelle alternative ?
Je ne suis pas crétin, je ne rêve pas à un nouveau parti communiste. Ma position est plus tragique. Comme tout marxiste, j’admire la productivité incroyable du capitalisme et je ne sous-estime pas l’utilité des droits de l’homme. L’arrestation de Pinochet a joué un rôle psychologique très important au Chili. Mais regardez le vénézuélien Chávez. On dit qu’il est populiste, démagogique, qu’il ne fait rien pour l’économie, que cela va mal finir. C’est peut-être vrai… Mais il est le seul à avoir inclu les pauvres des favelas dans un processus politique. Voilà pourquoi je le soutiens. Quand on critique sa tentation dictatoriale, on fait comme si, avant lui, il y avait une démocratie équilibrée. Or, c’est lui, et lui seul, qui a été le vecteur de la mobilisation populaire. Pour défendre ça, je pense qu’il a le droit d’utiliser l’appareil d’Etat - appelez cela la Terreur, si vous voulez.

Pour les penseurs libéraux, capitalisme et démocratie restent inséparables.
On l’a beaucoup dit, mais en Chine est en train de naître un capitalisme autoritaire. Modèle américain ou modèle chinois : je ne veux pas vivre dans ce choix. C’est pourquoi nous allons devoir redevenir utopiques. Le réchauffement climatique va nous amener à réhabiliter les grandes décisions collectives, celles dont les penseurs antitotalitaires disent qu’elles mènent forcément au goulag. Walter Lippmann a montré qu’en temps normal, la condition de la démocratie, c’est que la population ait confiance dans une élite qui décide. Le peuple est comme un roi : il signe passivement, sans regarder. Or, en temps de crise, cette confiance s’évapore. Ma thèse est de dire : il y a des situations où la démocratie ne fonctionne pas, où elle perd sa substance, où il faut réinventer des modalités de mobilisation populaire.

D’où votre éloge de Robespierre.
La Terreur ne se résume pas à Robespierre. Il y avait alors une agitation populaire, incarnée par des figures encore plus radicales, comme Babœuf ou Hébert. Il faut rappeler qu’on a coupé plus de têtes après la mort de Robespierre qu’avant - mais lui avait coupé des têtes de riches… En fait, il est resté très légaliste. La preuve, il a été arrêté. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est ce que Walter Benjamin appelle «la violence divine», celle qui accompagne les explosions populaires. Je n’aime pas la violence physique, j’en ai peur, mais je ne suis pas prêt à renoncer à cette tradition de la violence populaire. Cela ne veut pas toujours dire violence sur les personnes. Gandhi, par exemple, ne s’est pas contenté d’organiser des manifestations, il a lancé le boycott, établi un rapport de force. Défendre les exclus, protéger l’environnement passera par de nouvelles formes de pression, de violence. Faire peur au capitalisme, non pour tuer, mais pour changer quelque chose. Car sinon, on risque d’aller vers une violence plus grande, une violence fondamentaliste, un nouvel autoritarisme.

Dans la perspective d’une «violence populaire», un intellectuel sert-il à quelque chose ?
A en prévenir les formes catastrophiques. A faire voir les choses autrement. Deleuze disait que s’il y a de fausses réponses, il y a aussi les fausses questions. Un conseil de philosophes ne peut pas établir un projet pour mobiliser les masses. Mais on peut jeter les idées et peut-être quelque chose sera récupéré. Les émeutes des banlieues en France sont nées d’un mécontentement non-articulé à une pensée, même de façon utopique. C’est ça, la tragédie.

Vos amis à gauche pensent-ils comme vous ?
Ce qui domine, surtout aux Etats-Unis, c’est un gauchisme libéral, tolérant, pour lequel la moindre allusion à la notion de vérité est déjà totalitaire, où il faut respecter l’histoire de chacun. Pour le philosophe Richard Rorty, ce qui définit l’homme, c’est sa souffrance et sa capacité de la raconter. Je trouve assez triste cette gauche de ressentiment et d’impuissance.

vendredi 27 juin 2008

Réaction de l'APGL au rapport du Sénat concernant la Gestation Pour Autrui (GPA)

Légiférer pour encadrer la gestation pour autrui est la seule manière de circonvenir autant que faire ce peut le risque de marchandisation du corps humain et d'exploitation des femmes. Ne pas légiférer et continuer de prohiber cette pratique risque d'entraîner les citoyens vers des pratiques peu éthiques.

De plus, l'interdiction a pour conséquence des difficultés administratives quand il s'agit d'établir la filiation. L'Association des Parents Gays et Lesbiens considère donc que les propositions du rapport sont un premier pas vers la reconnaissance que la filiation peut s'établir autrement que par l'accouchement. Pourtant l'APGL regrette que dans le cadre proposé, la GPA ne soit pas accessible à tout couple et à toute personne.

Nous posons deux questions :
1/ au nom de quoi les procréations assistées et la gestation pour autrui devraient elles être exclusivement réservées aux hétérosexuels ? Pense-t-on encore que seuls un homme et une femme constitueraient la meilleure forme familiale dans l'intérêt de l'enfant ? Ou bien se fonde-t-on sur une conception religieuse pour laquelle une famille ne peut être composée que d'un homme et d'une femme ?
2/ Si le corps des femmes leur appartient au point qu’on admet qu'elles sont libres de concevoir ou non, d'interrompre une grossesse ou non, pourquoi ne pourraient-elles décider si elles veulent porter un enfant pour autrui et choisir pour qui elles le font ?

On entend l'argument selon lequel ces techniques et la GPA devraient pallier une pathologie. Mais une femme privée d'utérus n'est pas guérie par la GPA, elle n'a pas plus d'utérus après le recours à une GPA qu'avant. Ces techniques permettent de devenir parents, elles ne guérissent pas, elles répondent au désir d'enfant de couples qui ne peuvent pas procréer. On entend aussi l'argument selon lequel on ne veut pas que la PMA ou la GPA deviennent une autre manière de faire des enfants.

C'est une autre façon de dire que tous les enfants devraient naître de l'union sexuelle de leurs parents ou qu'on puisse le croire. Donner la possibilité à la gestatrice de revenir sur sa décision après la naissance crée le problème là où on voudrait l'éviter. Les témoignages de gestatrices dans d'autres pays indiquent qu'elles vivent mieux la séparation car elles savent qu'elles ne portent pas leur propre enfant et qu'elles ne font que lui donner la possibilité de naître.

Si la convention n'est pas irrévocable, le don qu'elles font pourra être interprété comme un abandon et amener une culpabilité inutile. Acceptons l'idée que la filiation est de l'ordre d'un engagement parental, que les parents sont toujours les parents d'intention avant d'être des géniteurs. Ce qui importe, ce n'est pas tant qui a conçu les enfants et comment mais ceux qui ont souhaité leur venue au monde et les accompagnent tout au long de leur vie.

Contact presse APGL : Franck Tanguy, 06 16 66 56 91/presse@apgl.asso.fr

L'Association des Parents Gays et Lesbiens rassemble près de 2000 adhérents, parents de plus de 700 enfants. Les 15 antennes régionales se battent au quotidien pour que les 200 000 enfants élevés en France par des parents gays ou lesbiens voient leurs familles inscrites dans la réalité juridique et sociale de notre pays.

jeudi 26 juin 2008

Intervention au Conseil Communal du vendredi 20 juin 2008

Roger MALY pour le groupe communiste et républicain

Monsieur le Maire, chers collègues, cher Daniel collègue élu au Luxembourg que le groupe communiste salue chaleureusement, Mesdames, Messieurs,

Sur cette délibération, il n’est un secret pour personne qu’en France aujourd’hui, un an après l’élection aux plus hautes fonctions de l’Etat de celui qui devait être le « président de tous les Français », le pouvoir d’achat est en berne.

Le bilan est catastrophique pour les salariés, y compris les cadres, et plus que positif pour les actionnaires :
· Allocations familiales (perte de 600€ par an pour les familles les plus démunies),
· Services Publics transformés en entreprises privées et usagers devenant clients avec l’obligation d’être rentables,
· Abandon du remboursement des lunettes, franchises médicales sur certains actes ou sur les boites de médicaments,
· Fermeture d’hôpitaux et transfert des activités les plus rentables au secteur marchand, etc.
Dans la France de Nicolas SARKOZY il vaut vraiment mieux « être riche et bien portant que pauvre et malade » comme le disait avec humour et tendresse Fernand Reynaud.

Nos concitoyens n’en peuvent plus. Les produits de consommation courante et de base ont vu leurs prix exploser. Quant au carburant, n’en parlons pas. Ce que nous savons, c’est que TOTAL fait des profits colossaux (12 milliards de bénéfices pour 2007) et redistribue de véritables fortunes en dividendes à ses actionnaires (lorsque le baril de brut augmente d’un dollar sur les marchés, c’est 150 millions de bénéfices engrangés par Total !). Les inégalités n’ont jamais été aussi fortes.

En mars dernier, en faisant le choix d’élire, dès le premier tour, une forte majorité de gauche, nos concitoyens nous ont mandatés pour contrer ces orientations capitalistes qui s’en prennent systématiquement aux mêmes. Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, à notre niveau, nous n’avons pas le pouvoir de changer les décisions du gouvernement de droite le plus dur que nous ayons vu en France depuis 1940. Mais nous pouvons prendre des mesures justes et concrètes pour nos concitoyens en attendant qu’enfin les lendemains chantent…
Et c’est ce que ce que nous allons faire en tenant une des promesses de notre campagne dès la rentrée et surtout en allégeant le budget « cantine » de nos concitoyens. Diviser par deux le tarif de la restauration scolaire sur Hellemmes ne permettra pas à nos concitoyens de voir venir la fin du mois avec le sourire mais, nous l’espérons, cela leur permettra d’envoyer leurs enfants à la cantine faire un bon repas, équilibré et sain, sans les condamner à renoncer à d’autres besoins tout aussi vitaux.

En faisant évoluer le système de tarification, nous ne réglerons pas le problème du pouvoir d’achat des Hellemmoises et des Hellemmois mais nous agirons et nous tiendrons une des promesses que nous leur avons faites.

Les élus communistes se sont engagés à être tout au long de ce mandat au service de leurs concitoyens : en attendant le jour où la taxation des profits boursiers permettra de financer une véritable justice sociale et une totale équité, nous soutiendrons les mesures proposées par Monsieur le Maire à chaque fois qu’elles nous paraîtront aller dans ce sens de justice et d’équité. Voilà pourquoi les élus communistes et républicains hellemmois voteront cette délibération et nous ne comprenons pas l’attitude du groupe des « Gens d’Hellemmes » et de Ludovic COUPIN qui se posent des questions quand il s’agit d’apporter aux familles hellemmoises et surtout aux enfants hellemmois un « plus » non négligeable en ces temps difficiles.

Je vous remercie.

mardi 24 juin 2008

LA PROPAGANDE POLITIQUE FAIT SON GRAND RETOUR !

Pouvoir d'achat : le gouvernement consacre 4,3 millions d'euros à expliquer sa politique

Les Français s'impatientent de sentir l'impact des réformes sur leur pouvoir d'achat? Le gouvernement aussi. Presque sous forme d'aveu, François Fillon a lancé, lundi 23 juin, une campagne de communication gouvernementale sur le thème : "Pouvoir d'achat : vous êtes impatients? Nous aussi!" Promoteur de cette campagne, le premier ministre n'en est pas le concepteur. Elle a été préparée par l'ancien publicitaire Thierry Saussez, choisi par Nicolas Sarkozy le 16 avril pour devenir le délégué interministériel à la communication et prendre la tête du service d'information du gouvernement (SIG).

M. Saussez n'a pas fait dans la demi-mesure : l'Etat va dépenser 4,3 millions d'euros pour diffuser 1630 fois les spots publicitaires sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT.
La campagne télévisée, conçue par l'agence Young & Rubicam, donne le mode d'emploi de quelques mesures phares du gouvernement : la défiscalisation des heures supplémentaires, l'exonération d'impôt sur le revenu des emplois étudiants et la diminution du montant de la caution locative à un mois de loyer.

UNE CAMPAGNE LANCEE AU MAUVAIS MOMENT?
Dans les cabinets ministériels, on reste sceptique. "Ce n'est pas la bonne campagne, pas au bon moment", regrette un conseiller. Certains doutent que, diffusée à la veille des vacances d'été, la campagne ait beaucoup d'impact. D'autres s'étonnent de la platitude des messages qui tombent dans un contexte particulièrement difficile. La dernière note de conjoncture de l'Insee prévoit cette année une baisse du pouvoir d'achat par ménage en raison de la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires.

Invité du "Grand Rendez-Vous Europe 1-TV5-Le Parisien", dimanche 22 juin, l'ancien ministre socialiste Jack Lang a reconnu que ce n'est "pas la première fois qu'un gouvernement mène une politique de propagande financée par les contribuables". Avant de se demander : "Peut-être qu'un jour il faudra interdire ce type de campagne. C'est un peu étrange de faire payer par les contribuables une campagne publicitaire vantant la politique gouvernementale."

Christophe Jakubyszyn
Dépenser des fonds publiques pour communiquer plutôt que pour agir, pour endormir plutôt que pour réveiller...
Voilà un bon exemple d'application du marketing politique de Goebbels !

RÉFLEXIONS DE FIDEL

La vérité et les diatribes
(Traduit par l’ESTI)

Les habitants des pays industrialisés et riches dépensent chaque année en moyenne, on le sait, environ 25 p. 100 de leurs revenus en aliments. Ceux des peuples qu’il maintiennent dans le sous-développement économique doivent y consacrer à peu près 80 p. 100 ; beaucoup ont faim et sont victimes d’énormes différences sociales ; les taux de chômage y sont en général le double ou le triple ; la mortalité infantile atteint des proportions encore plus élevées et l’espérance de vie y est parfois inférieure des deux tiers. C’est là un système foncièrement génocidaire.

J’ai écrit dans mes Réflexions d’il y a trois jours : « Notre pays a prouvé qu’il peut résister à toutes les pressions et aider d’autres peuples. » L’Europe peut-elle en dire autant ?
Dans son rapport d’hier, 20 juin, l’Unesco conclut, après avoir analysé pendant deux ans plus de 200 000 écoliers de seize pays latino-américains, que Cuba occupe la première place en mathématiques et lecture en troisième année du primaire et en mathématiques et sciences en sixième année, les écoliers cubains obtenant plus de cent points de plus que la moyenne régionale. C’est la seconde fois que l’Unesco octroie cette reconnaissance à notre pays.
Il est facile de comprendre qu’aucun pays où les droits de l’homme seraient systématiquement violés ne pourrait atteindre des niveaux de connaissances si élevés.

Pourquoi Cuba est-elle en butte à un blocus depuis cinquante ans ?
Pourquoi la calomnie-t-on ?
Pourquoi entrave-t-on son accès à l’information technique et scientifique ?
Pourquoi veut-on la pousser à rejoindre un système économique et social insupportable qui n’offre aucune solution aux problèmes de l’humanité ?

Ce n’est pas pour rien que des millions de Boliviens, d’Equatoriens, d’Uruguayens, d’Argentins, de Brésiliens, de Centraméricains et d’autres Latino-Américains ont émigré en Europe d’où ils courent maintenant le risque d’être brutalement renvoyés dans leurs pays d’origine s’ils ne remplissent pas les conditions qu’exige la nouvelle loi anti-immigrant.

Pis encore : des citoyens mexicains, centraméricains et sud-américains ont émigré dans des proportions encore plus élevées aux Etats-Unis, franchissant des frontières, des murs et des mers sans aucuns papiers ni Loi d’ajustement qui les privilégie et les incite à émigrer, si bien que plus de cinq cents meurent tous les ans dans cette tentative. Des milliers d’autres périssent chaque année au Mexique et en Amérique centrale, victimes de mafias organisées qui se disputent aussi le marché des drogues des USA dont les autorités sont incapables d’endiguer la consommation ni ne souhaitent le faire.

Le vice procureur général du Mexique, José Luis Santiago Vasconcelos, a déclaré que la traite des êtres humains est le second poste illégal le plus lucratif. Quand il s’agit de Cubains, les profits sont comparables à ceux du narcotrafic : « Jusqu’à dix mille dollars par individu. »

L’argent provient des Etats-Unis. Je pense que le Mexique ne peut devenir le paradis de la traite d’immigrants alors que même les garde-côtes étasuniens interceptent ceux qu’ils capturent en mer et les renvoient chez eux.
Le Mexique n’est pas obligé d’accepter qu’on lui impose une version de la politique « pieds sec pieds mouillés ».

Les activités criminelles organisées n’existent pas à Cuba, et le trafic de drogues n’y reste pas impuni. Nous l’avons combattu efficacement sans mettre la nation à feu et à sang. Seul son cynisme empêche l’administration étasunienne de le reconnaître.
Je n’ai pas écrit une diatribe contre l’Europe ; j’ai dit tout bonnement la vérité. Si l’on s’en offusque, je n’y suis pour rien.

Pour ne pas faire trop long, je n’ai même pas mentionné dans mes Réflexions d’hier les exportations d’armes, les dépenses militaires et les équipées bellicistes de l’OTAN, à quoi il faut ajouter les vols secrets et la complicité de l’Europe avec les tortures de l’administration étasunienne.

J’ignore si quelqu’un a été arrêté à un endroit quelconque du pays pour avoir enfreint la loi. Cela n’a rien à voir avec les Réflexions dont j’ai demandé qu’elles ne soient diffusées que sur le site CubaDebate. Il est arbitraire de relier les deux choses. J’utiliserai ce site d’Internet chaque fois que je le jugerai pertinent. Je n’abuserai de la patience de personne. Je ne touche pas un centime, je travaille gratis.

Je ne suis pas ni ne serai jamais un chef de faction ou de groupe. On ne peut donc déduire de mes propos qu’il y existe des conflits dans le parti. J’écris parce que je continue de me battre et je le fais au nom des convictions que j’ai défendues toute ma vie.

Fidel Castro Ruz
21 juin 2008
13 h 34

lundi 23 juin 2008

L’incendie de Vincennes : le symptôme d’une politique d’immigration inhumaine

Après le terrible incendie du centre de rétention de Vincennes, l’UMP par la voix de Frédéric Lefèbvre s’en prend à RESF, qu’il menace des tribunaux pour « provocations ». Selon le porte-parole, ce sont les manifestations de soutien qui seraient à l’origine de l’incendie. Quel délire !

L’aveuglement sécuritaire de cette droite leur fait décidément perdre la raison. L’incendie regrettable du CRA n’est que le symptôme d’une désastreuse politique du chiffre où l’essentiel est toujours plus de s’acharner sur les sans-papiers coûte que coûte, l’humanitaire devenant quantité négligeable. Ce drame résonne comme l’ultime signal d’alarme d’une politique d’immigration devenue inhumaine et dangereuse. Il doit y être mis fin.

Le PCF s’associe à la manifestation de mardi appelée par le MRAP pour dénoncer les centres de rétention.

Source : http://www.pcf.fr/spip.php?article2877

La vérité des chiffres...Source : cidéfil du 20 juin
+ 80 %
c’est le pourcentage de l’augmentation des reconduites à la frontière d’étrangers en situation irrégulière pour les cinq premiers mois de 2008, par rapport à la même période de 2007 cette année
SOIT
14.660 sans-papiers reconduits en 5 mois

Inquiétudes et interrogations du PCF avant la présentation du Livre Blanc sur la « défense et la sécurité »

Comme de nombreux militaires et leurs familles, le PCF attend avec impatience la parution du 3 eme Livre Blanc. La communication faite aux membres du Parlement est trop succincte pour que l’on puisse avoir une idée précise de son contenu. Or c’est bien dans les détails que l’on peut mesurer l’impact des nouvelles orientations et c’est dans les non dits que l’on peut avoir des inquiétudes.

Le PCF attend du Livre Blanc une prise en compte de ses propositions présentées lors de son audition par la « Commission du Livre Blanc » ou pour le moins une explication sur leur non prise en compte :

- Objectifs de la politique de Défense : L’adaptation de notre instrument de défense à l’évolution du monde s’est faite sur la base d’une vision de domination de la planète, privilégiant la défense de nos intérêts économiques à travers le monde via une armée projetable sur théâtres d’opérations extérieurs plutôt que dédiée à la maîtrise du territoire national et à la sécurité du monde. Ces objectifs seront – ils maintenus pour le profit de quelques privilégiés ou re-orientés pour le bien de tous ?

- Dissuasion nucléaire : va-t-on vers la réaffirmation de la prédominance de l’arme nucléaire pour prévenir les conflits ? La dissuasion reposera- t- elle toujours sur une stratégie du « faible au fort » ? Son concept d’emploi changera t-il ? : Arme de riposte ou arme d’action préventive ? La nature même de cette arme appelle à un processus multilatéral de son abandon. S’y engagera-t-on ?

- Quel rapport à l’OTAN ? Le PCF exprime ses inquiétudes face à la dérive atlantiste du Président Sarkozy. Alors que l’affirmation d’une Défense Européenne où chaque Nation pourrait conserver son libre arbitre constituerait une alternative à la puissance militaire américaine, les positions du Président de la République affirmées par le traité européen de Lisbonne et le retour programmé de la France dans la structure intégrée de commandement de l’OTAN suscitent une controverse majeure : Comment affirmer l’indépendance de la France et de l’Europe en se mettant au service d’un système otanien dominé par les USA ?

- Lien armée – nation ? Le PCF adversaire de la professionnalisation des armées avait mis en évidence les dangers de découplage du lien armée-nation. Quelques années après tous les candidats au mandat présidentiel ont mis en évidence ce manquement en évoquant le retour d’un service civique, ou civil.. Nous avions également fait part du besoin de réfléchir à un service citoyen, du besoin de voir la Nation partie prenante dans les changements d’orientations majeures : partage de souveraineté, engagements de la France dans les opérations extérieures, et de voir ainsi se renforcer le rôle du Parlement et de la Nation dans les prises de décisions. Le PCF a fait des propositions en la matière et attend de voir comment elles ont été prises en compte : organisation d’états généraux de la Défense, consultations du Parlement, voire de la Nation sur des problèmes majeures de Défense.

Au-delà de ces interrogations le PCF a quelques inquiétudes quant :
au report successif des dates de présentation du « Livre Blanc »

Alors qu’il était prévu initialement une présentation du « Livre Blanc » début mai, cette date a été repoussée à la fin mai, puis maintenant au 17 juin. Alors que nous pensions que la RPPG concernant la défense ferait l’objet d’une présentation conjointe avec celle du Livre Blanc, elle est repoussée à mi-juillet voire fin juillet.
Le gouvernement ne nous avais pas habitué jusqu’ici à tant de « lenteur ». Craint-il une mauvaise réaction des acteurs de la Défense. N’est-il pas sûr de lui ? Et sinon pourquoi tant de précautions ? Doit-on s’attendre au pire ? Quelles seront les incidences sur le personnel des armées et leur famille ?

au distinguo entre « Sécurité et Défense »
La Défense est par essence un des garants de la sécurité. Alors pourquoi faire ce distinguo comme si les deux problèmes n’étaient pas du même pied ? Le PCF a des inquiétudes quant à l’emploi des forces armées sur le territoire intérieur, pour des opérations de police. Même s’il fallait revoir certaines procédures d’interopérabilité entre les différents acteurs de la protection du territoire et de sa population, les textes pré existants étaient suffisants pour permettre une implication des forces armées dans ce domaine. Pourquoi rattacher les gendarmes au Ministère de l’Intérieur ? Jusqu’où cela peut-il aller ? Veut-on rendre possible une intervention des armées dans un conflit social, comme le laissait entrevoir un haut responsable militaire lors d’un récent colloque organisé par une confédération syndicale ?

Dans l’attente de la prochaine présentation du « Livre blanc sur la Défense et la Sécurité » par le Président de la République, le PCF espère trouver réponse à toutes ces interrogations et inquiétudes. Il sera un interlocuteur attentif et actif pour la suite qui sera donné aux orientations du Livre Blanc et défendra les options qui sont toujours les siennes : une défense pour la Paix, le respect des personnes (les militaires comme tous les travailleurs ne sont pas des objets-marchandises), le maintien de la cohérence entre missions et moyens.

Source : http://www.pcf.fr/spip.php?article2863