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Gilles Poux, maire de La Courneuve a annoncé le 5 mai son intention de porter plainte le 6 mai, au nom de sa ville, auprès de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’Egalité (Halde) pour "discrimination territoriale".
Il déposera son dossier aujourd’hui devant la Halde, avant d’organiser le 28 juin une marche de protestation dans sa ville près de Paris.
"Nous souhaitons par cette plainte que la Halde interpelle les pouvoirs publics quant à la situation de la Courneuve, autant en matière d’emploi que de logements, d’éducation, de services publics et de culture", a déclaré Gilles Poux lors d’une conférence de presse .
"La Halde se doit de faire valoir avec nous qu’il ne peut y avoir dans le cadre de la République, de ses lois, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, de lieu où la maltraitance, urbaine, sociale, éducative, locative…soit purement et simplement admise par l’ensemble quand nous avons collectivement les outils pour faire vivre l’égalité."
À La Courneuve, Il y a eu au moins trois grandes ruptures qui pourraient à elles seules être le fondement d’une plainte pour discrimination territoriale :
la rupture urbaine
les infrastructures de transports
la rupture économique et sociale
Gilles Poux a précisé avoir contacté 150 maires de villes connaissant des difficultés similaires avec l’espoir que son "pavé dans la mare" deviendrait un "raz-de-marée", parallèlement au lancement d’une campagne nationale.
En juin 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait provoqué un tollé dans les banlieues en parlant de nettoyer "au Kärcher" la Cité des 4000 à La Courneuve après la mort d’un jeune, victime d’une balle perdue.
Edit : http://www.ville-la-courneuve.fr/lacourneuveporteplainte/
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jeudi 7 mai 2009
mercredi 6 mai 2009
Communiqué de Jean-Claude Danglot, Sénateur du Pas de Calais et de Jacky Hénin député européen.
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Blocage des prisons par les surveillants :
un mouvement LÉGITIME
Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche expriment leur plus vive solidarité avec les surveillants de prison qui appellent au blocage des établissements pénitentiaires à partir d’aujourd’hui 4 mai.
Nous avons pu constater les conditions de travail déplorables dans lesquelles étaient placés les surveillants et l’ensemble du personnel lors de visites d’établissements et à l’occasion des nombreux contacts que nous avons eus avec les représentants syndicaux des personnels pénitentiaires. Les choses ne cessent de s’aggraver avec la politique incohérente en matière de justice que mène un ministère plus soucieux de soigner sa communication que d’accorder les moyens nécessaires pour assurer ses responsabilités.
Comment, en effet, ne pas partager les préoccupations des personnels: la surpopulation carcérale est non seulement la cause de suicides de détenus mais également de plus en plus de surveillants. Si l’on y ajoute un déficit de personnels, la situation dans les prisons risque de devenir rapidement explosive et incontrôlable.
Loin de vouloir améliorer rapidement les conditions carcérales, la Garde des Sceaux annonce avoir décidé d’un moratoire concernant la mise en place des Règles pénitentiaires européennes, alors que l’application de ces règles, que les États signataires doivent respecter, est demandée par tous les acteurs de la vie carcérale. Dans le contexte actuel, cette décision relève quasiment de la provocation et le gouvernement confirme ainsi qu’il préfère dilapider des milliards d’euros pour les banques et les grands groupes au lieu de respecter ses obligations en répondant aux aspirations justifiées des personnels.
Qu’attend le gouvernement pour faire adopter la loi pénitentiaire, pourtant votée en urgence au Sénat au mois de mars, mais qui aujourd’hui semble jetée aux oubliettes du calendrier parlementaire ?
Le gouvernement, dont la responsabilité dans la condition carcérale actuelle est importante, ne peut tenir longtemps un double discours sur les prisons : il est temps pour lui de mettre un terme définitif à ce qui est toujours une « honte pour la République ».
Nous ne manquerons pas dans les prochains jours d’apporter notre soutien appuyé aux personnels dans leur lutte en leur rendant visite et en agissant à notre niveau dans le but de faire aboutir leurs revendications légitimes.
Lens le 4 Mai 2009
Jean-Claude DANGLOT Sénateur du Pas de Calais
Jacky HENINDéputé Européen
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Blocage des prisons par les surveillants :
un mouvement LÉGITIME
Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche expriment leur plus vive solidarité avec les surveillants de prison qui appellent au blocage des établissements pénitentiaires à partir d’aujourd’hui 4 mai.
Nous avons pu constater les conditions de travail déplorables dans lesquelles étaient placés les surveillants et l’ensemble du personnel lors de visites d’établissements et à l’occasion des nombreux contacts que nous avons eus avec les représentants syndicaux des personnels pénitentiaires. Les choses ne cessent de s’aggraver avec la politique incohérente en matière de justice que mène un ministère plus soucieux de soigner sa communication que d’accorder les moyens nécessaires pour assurer ses responsabilités.
Comment, en effet, ne pas partager les préoccupations des personnels: la surpopulation carcérale est non seulement la cause de suicides de détenus mais également de plus en plus de surveillants. Si l’on y ajoute un déficit de personnels, la situation dans les prisons risque de devenir rapidement explosive et incontrôlable.
Loin de vouloir améliorer rapidement les conditions carcérales, la Garde des Sceaux annonce avoir décidé d’un moratoire concernant la mise en place des Règles pénitentiaires européennes, alors que l’application de ces règles, que les États signataires doivent respecter, est demandée par tous les acteurs de la vie carcérale. Dans le contexte actuel, cette décision relève quasiment de la provocation et le gouvernement confirme ainsi qu’il préfère dilapider des milliards d’euros pour les banques et les grands groupes au lieu de respecter ses obligations en répondant aux aspirations justifiées des personnels.
Qu’attend le gouvernement pour faire adopter la loi pénitentiaire, pourtant votée en urgence au Sénat au mois de mars, mais qui aujourd’hui semble jetée aux oubliettes du calendrier parlementaire ?
Le gouvernement, dont la responsabilité dans la condition carcérale actuelle est importante, ne peut tenir longtemps un double discours sur les prisons : il est temps pour lui de mettre un terme définitif à ce qui est toujours une « honte pour la République ».
Nous ne manquerons pas dans les prochains jours d’apporter notre soutien appuyé aux personnels dans leur lutte en leur rendant visite et en agissant à notre niveau dans le but de faire aboutir leurs revendications légitimes.
Lens le 4 Mai 2009
Jean-Claude DANGLOT Sénateur du Pas de Calais
Jacky HENINDéputé Européen
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lundi 4 mai 2009
REUNION PUBLIQUE
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REUNION PUBLIQUE
MARDI 2 JUIN 2009
18H, SALLE DU PARC
ESPACE DES ACACIAS
Place Hentgès
HELLEMMES
(métro Hellemmes)
En présence de Roger MALY, Adjoint au Maire, secrétaire de la section P.C.F. d’HELLEMMES, de Michelle DEMESSINE, sénatrice P.C.F. du NORD, Adjointe au Maire de LILLE et de Laurent MATEJKO, représentant du Parti de Gauche, candidats sur la liste « Front de Gauche pour changer d’Europe » conduite par Jacky HENIN, député européen sortant ainsi que de nombreuses personnalités hellemmoises du monde syndical et associatif.
Discussion animée par Marc DUBOIS, journaliste.
Parce que, tous ensemble, nous pouvons changer l’Europe, venez nombreux !
Front de Gauche pour Changer d’Europe, initié par le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche, les Unitaires du NPA et de nombreuses personnalités du mouvement social et associatif.
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REUNION PUBLIQUE
MARDI 2 JUIN 2009
18H, SALLE DU PARC
ESPACE DES ACACIAS
Place Hentgès
HELLEMMES
(métro Hellemmes)
En présence de Roger MALY, Adjoint au Maire, secrétaire de la section P.C.F. d’HELLEMMES, de Michelle DEMESSINE, sénatrice P.C.F. du NORD, Adjointe au Maire de LILLE et de Laurent MATEJKO, représentant du Parti de Gauche, candidats sur la liste « Front de Gauche pour changer d’Europe » conduite par Jacky HENIN, député européen sortant ainsi que de nombreuses personnalités hellemmoises du monde syndical et associatif.
Discussion animée par Marc DUBOIS, journaliste.
Parce que, tous ensemble, nous pouvons changer l’Europe, venez nombreux !
Front de Gauche pour Changer d’Europe, initié par le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche, les Unitaires du NPA et de nombreuses personnalités du mouvement social et associatif.
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mardi 28 avril 2009
A. Bocquet écrit à F. Fillon sur la baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009
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Courrier d’Alain Bocquet au Premier ministre au sujet de l’annonce d’une nouvelle baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009.
Monsieur le Premier Ministre,J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur le mécontentement que suscite l’annonce d’une nouvelle baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009.Nouvelle baisse à 1,75 %, d’un taux ramené ainsi à son plus bas niveau historique, après un premier recul de 4 % à 2,5 % décidé en février.On est loin, très loin, des exigences de rentabilité des actionnaires au sein des groupes multinationaux ; loin, très loin du taux de rentabilité (8 %) exigé des banques par l’Etat, sur les fonds mis à leur disposition.Tous les moyens sont bons pour le gouvernement, pour tenter de faire payer à nos concitoyens la note de la crise du système et de l’économie, née des libertés consenties aux marchés, au réseau bancaire et aux spéculateurs boursiers.Il est scandaleux qu’en période de récession, d’envol du chômage et de la précarité, de blocage des salaires et de recul du pouvoir d’achat, l’Etat traite avec un tel mépris le caractère populaire du Livret A et les économies des petits épargnants.L’Association Française des Usagers des Banques (AFUB) rappelait voici peu que « 70 % des détenteurs ont moins de 750 euros », et dénonçait une mesure qui « contribue à l’étranglement de la confiance des ménages dans l’économie, et à l’écornement de leur pouvoir d’achat ».Cette mesure injuste, inefficace car elle pénalisera le financement du logement social, est par contre pain béni pour les dirigeants d’un réseau bancaire à qui cela va permettre de renforcer auprès de nos concitoyens des offres de placement sur des produits plus risqués mais plus lucratifs pour les banques. Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, je vous serais reconnaissant de me faire connaître les suites que vous entendez donner : d’une part à l’exigence qu’il soit tenu compte des difficultés sociales actuelles (chômage en hausse, blocage des salaires) pour une application moins stricte des règles d’ajustement des taux ; d’autre part à l’exigence que soit rejetée la menace d’une nouvelle et troisième baisse susceptible d’être décidée par le gouvernement en juillet prochain et applicable au 1er août.Je vous remercie également de me préciser quel prolongement vous prévoyez d’apporter à la proposition d’instauration d’un taux plancher garanti, dans les circonstances actuelles, à 2 %, pour la fraction des livrets inférieure à 10.000 euros.Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma haute considération.
Alain BOCQUET Saint-Amand-les-Eaux, le 23 Avril 2009
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Courrier d’Alain Bocquet au Premier ministre au sujet de l’annonce d’une nouvelle baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009.
Monsieur le Premier Ministre,J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur le mécontentement que suscite l’annonce d’une nouvelle baisse du taux du Livret A, à compter du 1er mai 2009.Nouvelle baisse à 1,75 %, d’un taux ramené ainsi à son plus bas niveau historique, après un premier recul de 4 % à 2,5 % décidé en février.On est loin, très loin, des exigences de rentabilité des actionnaires au sein des groupes multinationaux ; loin, très loin du taux de rentabilité (8 %) exigé des banques par l’Etat, sur les fonds mis à leur disposition.Tous les moyens sont bons pour le gouvernement, pour tenter de faire payer à nos concitoyens la note de la crise du système et de l’économie, née des libertés consenties aux marchés, au réseau bancaire et aux spéculateurs boursiers.Il est scandaleux qu’en période de récession, d’envol du chômage et de la précarité, de blocage des salaires et de recul du pouvoir d’achat, l’Etat traite avec un tel mépris le caractère populaire du Livret A et les économies des petits épargnants.L’Association Française des Usagers des Banques (AFUB) rappelait voici peu que « 70 % des détenteurs ont moins de 750 euros », et dénonçait une mesure qui « contribue à l’étranglement de la confiance des ménages dans l’économie, et à l’écornement de leur pouvoir d’achat ».Cette mesure injuste, inefficace car elle pénalisera le financement du logement social, est par contre pain béni pour les dirigeants d’un réseau bancaire à qui cela va permettre de renforcer auprès de nos concitoyens des offres de placement sur des produits plus risqués mais plus lucratifs pour les banques. Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, je vous serais reconnaissant de me faire connaître les suites que vous entendez donner : d’une part à l’exigence qu’il soit tenu compte des difficultés sociales actuelles (chômage en hausse, blocage des salaires) pour une application moins stricte des règles d’ajustement des taux ; d’autre part à l’exigence que soit rejetée la menace d’une nouvelle et troisième baisse susceptible d’être décidée par le gouvernement en juillet prochain et applicable au 1er août.Je vous remercie également de me préciser quel prolongement vous prévoyez d’apporter à la proposition d’instauration d’un taux plancher garanti, dans les circonstances actuelles, à 2 %, pour la fraction des livrets inférieure à 10.000 euros.Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma haute considération.
Alain BOCQUET Saint-Amand-les-Eaux, le 23 Avril 2009
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lundi 27 avril 2009
Les séquestrations, Continental et « l’Etat de droit »
Face à la multiplication des séquestrations de patrons et à l’explosion de colère des salariés de Continental Clairoix, mardi dernier, le gouvernement Sarkozy brandit la menace de sanctions judiciaires. « On est dans un Etat de droit. Je ne laisserai pas faire les choses comme ça », a déclaré le président. François Fillon, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux ont agité le même bâton. Les organisations patronales applaudissent et en rajoutent. Laurence Parisot, du Medef, sermonne : « Jamais l’injustice ou le désespoir ne justifient qu’on transgresse la loi, car très vite on ne serait pas dans un Etat de droit. »
Comme souvent, Laurence Parisot a le mérite d’exprimer, dans toute sa pureté, le point de vue de cette poignée de rapaces richissimes qui possèdent et détruisent l’économie du pays. L’action de salariés qui défendent leur pain quotidien doit être strictement limitée par « l’Etat de droit », nous dit-elle. Mais « l’Etat de droit » autorise le patronat à exploiter les travailleurs jusqu’à leur dernière goutte de sueur, puis à briser leur vie et celle de leur famille sur l’autel du profit, en les privant de leur emploi, c’est-à-dire de leur unique source de revenu. De fait, « l’Etat de droit » ne plane pas au-dessus des classes sociales. Il est juge et partie. En dernier ressort, il défend les intérêts des capitalistes. Au fond, les propos de Laurence Parisot reviennent à dire : « face à l’injustice, les salariés doivent accepter le fait que tout le système capitaliste repose sur l’injustice et l’exploitation. Qu’ils désespèrent, s’ils le veulent, mais en silence. » Les travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille ! Et la colère monte chaque jour un peu plus, dans le pays, contre ce système.
Un fait n’a pas échappé à l’attention de nombreux salariés. D’un côté, lorsque des banquiers et des industriels plongent l’économie dans le chaos, l’Etat récompense ces bandits avec des milliards d’euros de subventions – dont la note sera présentée aux foyers les plus pauvres. Mais d’un autre côté, lorsque les travailleurs de Continental Clairoix, après avoir accepté tant de sacrifices, se révoltent contre leur licenciement et les misérables indemnités qu’on leur propose, l’Etat s’émeut solennellement des quelques vitres et chaises brisées de la sous-préfecture de Compiègne. L’hypocrisie de ces gens n’a pas de limite ! Rappelons que le groupe Continental France a fait plus de 600 millions d’euros de bénéfices, en 2008, et que les travailleurs de Clairoix étaient passés à 40 heures hebdomadaires, en janvier 2008, contre la « promesse » d’un maintien du site au moins jusqu’en 2012. Avec le retour aux 40 heures, les actionnaires de Continental ont pu extraire davantage de profits, chaque semaine, du travail des salariés du site. Puis, une fois repus, ils les jettent à la rue comme des malpropres.
Au même moment, on apprend que les dirigeants de la banque Dexia – qui supprime 900 emplois, et que les Etats français et belge ont renflouée à hauteur de 6,4 milliards d’euros – se sont adjugés des « bonus » pour un montant total de quelque 8 millions d’euros. Axel Miller, ex-PDG de la banque, bénéficie à lui seul d’une prime de départ de 825 000 euros. Cette somme représente l’équivalent de 795 SMIC mensuels – soit 66 années de revenus d’un salarié au SMIC. En quelques secondes, sans avoir à lever le petit doigt, cet homme a donc empoché davantage que ce que gagnent beaucoup de salariés, en France, sur toute une vie de travail. Bien sûr, le gouvernement fait mine de protester. Mais Axel Miller et ses amis n’ont rien à craindre. « L’Etat de droit » et l’« ordre républicain » ne seront pas invoqués, dans leur cas. Et la feinte indignation du gouvernement s’adresse en réalité aux millions de travailleurs et de chômeurs dont il craint la colère, qui est alimentée par les scandaleux « parachutes dorés » et autres « bonus » des grands patrons.
Les « minorités radicales »
La multiplication des conflits, des débrayages et des séquestrations pousse le gouvernement et le patronat à ressortir un de leurs plus vieux instruments de propagande et de division : la théorie des « minorités radicales ». Apparemment, les luttes sociales ne seraient pas la conséquence inéluctable d’un système injuste, mais seulement le résultat des manoeuvres obscures d’une petite poignée de « radicaux ». Déroutés par les explosions de colère, certains patrons et politiciens en arrivent à se convaincre eux-mêmes de cette idée absurde. Ils sont pris de panique face à l’exaspération qui monte, et cherchent à se rassurer en trouvant quelques coupables isolés. « L’extrême gauche » est montrée du doigt. A défaut, les séquestrations seraient le fait de salariés « minoritaires ». Autrement dit, la majorité des travailleurs, eux, placeraient leur confiance dans la bonne volonté de l’Etat et des employeurs.
Il y a, dans cette vision des choses, un profond mépris pour les salariés. « On exploite ces travailleurs depuis si longtemps ! On les connaît bien. On leur a tout fait subir. Ils sont incapables, par eux-mêmes, de se révolter sérieusement » : voilà le raisonnement typique des capitalistes. Il est très clairement exprimé dans une interview de Marcus Kerriou – co-gérant de l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn – publiée dans Le Parisien du 23 avril. Marcus Kerriou a été séquestré, pendant 26 heures, par les travailleurs de l’usine, dont la fermeture a été annoncée pour cet été. A la question : « Comprenez-vous la colère des salariés ? », Marcus Kerriou répond : « Mais tout cela est piloté de l’extérieur ! Il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication et le niveau intellectuel de certains salariés. Clairement, ça veut dire que, derrière tout ça, il y a les centrales syndicales, à commencer par la CGT, et des éléments radicaux déconnectés de la réalité économique. » Quel mépris pour ces ouvriers qui, par leur travail, ont fait la fortune de M. Kerriou et consorts ! Mais c’est bien, au fond, l’opinion de tous les grands patrons, à des degrés divers. Ils ont tendance à oublier l’histoire et ses manifestations massives, révolutionnaires, de l’intelligence collective de la classe ouvrière. L’avenir leur rappellera quelques leçons.
« Un risque révolutionnaire »
Ce mépris aveugle du patronat, à l’égard des salariés, n’est cependant qu’une face de la pièce. Dans le même temps, les représentants les plus intelligents de la classe dirigeante sentent bien que la période qui s’est ouverte, avec la récession mondiale, est grosse de tempêtes sociales. Ainsi, lors d’une récente interview sur Europe 1, Dominique de Villepin déclarait : « Il y a un risque révolutionnaire, en France. Pourquoi ? Parce que les fermetures d’usines, l’augmentation du nombre de chômeurs, donnent à un certain nombre de Français le sentiment de l’inégalité de traitement, l’inégalité de mobilisation – le sentiment qu’on se mobilise beaucoup pour les banques, qu’on se mobilise beaucoup pour aider les entreprises, mais que les salariés, eux, font les frais de la crise, que ce sont toujours les mêmes qui souffrent. Cela doit être pris en compte si l’on veut apporter des réponses justes ». Plus loin, il évoque le risque de « comportements collectifs que nous ne parviendrions pas à maîtriser ».
Les journalistes et politiciens de droite ont généralement compris les propos de l’ex-Premier ministre comme une simple manifestation de rancœur à l’égard de Nicolas Sarkozy. On ne peut douter que ces deux hommes se détestent (après tout, ils sont tous deux détestables). Mais c’est une interprétation très mesquine des propos de Dominique de Villepin. En réalité, de Villepin exprime une appréhension qui gagne du terrain, actuellement, dans les sommets de la société. En même temps, il lance un avertissement aux capitalistes et au gouvernement : à trop tirer sur la corde, elle risque de se briser !
On peut s’attendre à d’autres mises en garde de ce type, de la part de politiciens et de commentateurs acquis corps et âme au système capitaliste. Mais elles ne pourront changer quoi que ce soit. D’une part, les gouvernements – en France et ailleurs – sont impuissants, face à la récession mondiale. D’autre part, les capitalistes sont trop occupés à sauvegarder leurs profits pour prendre au sérieux les conseils d’un Dominique de Villepin. Ils s’efforceront de placer tout le poids de la crise sur le dos de la masse de la population. C’est déjà ce qu’ils font. Et à un certain stade, cela doit inévitablement déboucher sur des mobilisations massives que la classe dirigeante « ne parviendra pas à maîtriser », pour reprendre l’expression de Dominique de Villepin. La Riposte l’a dit et répété : aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente descendante sans préparer les bases matérielles et psychologiques d’une situation révolutionnaire.
Les séquestrations sont une illustration, parmi d’autres, du changement d’humeur qui est en train de s’opérer, dans la classe ouvrière. Elles ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur multiplication marque un tournant. En bloquant leur patron dans un bureau pour le forcer à discuter, les salariés disent, d’une certaine façon : « Nous sommes ici chez nous. Nous y faisons ce que nous voulons. ». Et ce qui effraie les capitalistes, c’est qu’il s’agit là d’un premier pas en direction d’une occupation de l’usine. Or, l’occupation d’une entreprise est justement la meilleure façon d’engager la lutte contre une fermeture, une délocalisation ou un plan de licenciements. Nous ne prétendons pas que c’est facile. Le gouvernement protestera et menacera, au nom de « l’Etat de droit » et du « droit à la propriété » – c’est-à-dire du droit de jeter des milliers de familles dans le désespoir. Mais l’occupation est la seule méthode de lutte efficace pour sauvegarder les emplois et l’outil de travail, à condition d’être le point de départ d’une lutte pour la nationalisation de l’entreprise, sous le contrôle des salariés. Récemment, au Venezuela, de telles luttes ont été victorieuses. Il nous faut suivre cet exemple !
Jérôme Métellus (PCF Paris)
Comme souvent, Laurence Parisot a le mérite d’exprimer, dans toute sa pureté, le point de vue de cette poignée de rapaces richissimes qui possèdent et détruisent l’économie du pays. L’action de salariés qui défendent leur pain quotidien doit être strictement limitée par « l’Etat de droit », nous dit-elle. Mais « l’Etat de droit » autorise le patronat à exploiter les travailleurs jusqu’à leur dernière goutte de sueur, puis à briser leur vie et celle de leur famille sur l’autel du profit, en les privant de leur emploi, c’est-à-dire de leur unique source de revenu. De fait, « l’Etat de droit » ne plane pas au-dessus des classes sociales. Il est juge et partie. En dernier ressort, il défend les intérêts des capitalistes. Au fond, les propos de Laurence Parisot reviennent à dire : « face à l’injustice, les salariés doivent accepter le fait que tout le système capitaliste repose sur l’injustice et l’exploitation. Qu’ils désespèrent, s’ils le veulent, mais en silence. » Les travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille ! Et la colère monte chaque jour un peu plus, dans le pays, contre ce système.
Un fait n’a pas échappé à l’attention de nombreux salariés. D’un côté, lorsque des banquiers et des industriels plongent l’économie dans le chaos, l’Etat récompense ces bandits avec des milliards d’euros de subventions – dont la note sera présentée aux foyers les plus pauvres. Mais d’un autre côté, lorsque les travailleurs de Continental Clairoix, après avoir accepté tant de sacrifices, se révoltent contre leur licenciement et les misérables indemnités qu’on leur propose, l’Etat s’émeut solennellement des quelques vitres et chaises brisées de la sous-préfecture de Compiègne. L’hypocrisie de ces gens n’a pas de limite ! Rappelons que le groupe Continental France a fait plus de 600 millions d’euros de bénéfices, en 2008, et que les travailleurs de Clairoix étaient passés à 40 heures hebdomadaires, en janvier 2008, contre la « promesse » d’un maintien du site au moins jusqu’en 2012. Avec le retour aux 40 heures, les actionnaires de Continental ont pu extraire davantage de profits, chaque semaine, du travail des salariés du site. Puis, une fois repus, ils les jettent à la rue comme des malpropres.
Au même moment, on apprend que les dirigeants de la banque Dexia – qui supprime 900 emplois, et que les Etats français et belge ont renflouée à hauteur de 6,4 milliards d’euros – se sont adjugés des « bonus » pour un montant total de quelque 8 millions d’euros. Axel Miller, ex-PDG de la banque, bénéficie à lui seul d’une prime de départ de 825 000 euros. Cette somme représente l’équivalent de 795 SMIC mensuels – soit 66 années de revenus d’un salarié au SMIC. En quelques secondes, sans avoir à lever le petit doigt, cet homme a donc empoché davantage que ce que gagnent beaucoup de salariés, en France, sur toute une vie de travail. Bien sûr, le gouvernement fait mine de protester. Mais Axel Miller et ses amis n’ont rien à craindre. « L’Etat de droit » et l’« ordre républicain » ne seront pas invoqués, dans leur cas. Et la feinte indignation du gouvernement s’adresse en réalité aux millions de travailleurs et de chômeurs dont il craint la colère, qui est alimentée par les scandaleux « parachutes dorés » et autres « bonus » des grands patrons.
Les « minorités radicales »
La multiplication des conflits, des débrayages et des séquestrations pousse le gouvernement et le patronat à ressortir un de leurs plus vieux instruments de propagande et de division : la théorie des « minorités radicales ». Apparemment, les luttes sociales ne seraient pas la conséquence inéluctable d’un système injuste, mais seulement le résultat des manoeuvres obscures d’une petite poignée de « radicaux ». Déroutés par les explosions de colère, certains patrons et politiciens en arrivent à se convaincre eux-mêmes de cette idée absurde. Ils sont pris de panique face à l’exaspération qui monte, et cherchent à se rassurer en trouvant quelques coupables isolés. « L’extrême gauche » est montrée du doigt. A défaut, les séquestrations seraient le fait de salariés « minoritaires ». Autrement dit, la majorité des travailleurs, eux, placeraient leur confiance dans la bonne volonté de l’Etat et des employeurs.
Il y a, dans cette vision des choses, un profond mépris pour les salariés. « On exploite ces travailleurs depuis si longtemps ! On les connaît bien. On leur a tout fait subir. Ils sont incapables, par eux-mêmes, de se révolter sérieusement » : voilà le raisonnement typique des capitalistes. Il est très clairement exprimé dans une interview de Marcus Kerriou – co-gérant de l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn – publiée dans Le Parisien du 23 avril. Marcus Kerriou a été séquestré, pendant 26 heures, par les travailleurs de l’usine, dont la fermeture a été annoncée pour cet été. A la question : « Comprenez-vous la colère des salariés ? », Marcus Kerriou répond : « Mais tout cela est piloté de l’extérieur ! Il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication et le niveau intellectuel de certains salariés. Clairement, ça veut dire que, derrière tout ça, il y a les centrales syndicales, à commencer par la CGT, et des éléments radicaux déconnectés de la réalité économique. » Quel mépris pour ces ouvriers qui, par leur travail, ont fait la fortune de M. Kerriou et consorts ! Mais c’est bien, au fond, l’opinion de tous les grands patrons, à des degrés divers. Ils ont tendance à oublier l’histoire et ses manifestations massives, révolutionnaires, de l’intelligence collective de la classe ouvrière. L’avenir leur rappellera quelques leçons.
« Un risque révolutionnaire »
Ce mépris aveugle du patronat, à l’égard des salariés, n’est cependant qu’une face de la pièce. Dans le même temps, les représentants les plus intelligents de la classe dirigeante sentent bien que la période qui s’est ouverte, avec la récession mondiale, est grosse de tempêtes sociales. Ainsi, lors d’une récente interview sur Europe 1, Dominique de Villepin déclarait : « Il y a un risque révolutionnaire, en France. Pourquoi ? Parce que les fermetures d’usines, l’augmentation du nombre de chômeurs, donnent à un certain nombre de Français le sentiment de l’inégalité de traitement, l’inégalité de mobilisation – le sentiment qu’on se mobilise beaucoup pour les banques, qu’on se mobilise beaucoup pour aider les entreprises, mais que les salariés, eux, font les frais de la crise, que ce sont toujours les mêmes qui souffrent. Cela doit être pris en compte si l’on veut apporter des réponses justes ». Plus loin, il évoque le risque de « comportements collectifs que nous ne parviendrions pas à maîtriser ».
Les journalistes et politiciens de droite ont généralement compris les propos de l’ex-Premier ministre comme une simple manifestation de rancœur à l’égard de Nicolas Sarkozy. On ne peut douter que ces deux hommes se détestent (après tout, ils sont tous deux détestables). Mais c’est une interprétation très mesquine des propos de Dominique de Villepin. En réalité, de Villepin exprime une appréhension qui gagne du terrain, actuellement, dans les sommets de la société. En même temps, il lance un avertissement aux capitalistes et au gouvernement : à trop tirer sur la corde, elle risque de se briser !
On peut s’attendre à d’autres mises en garde de ce type, de la part de politiciens et de commentateurs acquis corps et âme au système capitaliste. Mais elles ne pourront changer quoi que ce soit. D’une part, les gouvernements – en France et ailleurs – sont impuissants, face à la récession mondiale. D’autre part, les capitalistes sont trop occupés à sauvegarder leurs profits pour prendre au sérieux les conseils d’un Dominique de Villepin. Ils s’efforceront de placer tout le poids de la crise sur le dos de la masse de la population. C’est déjà ce qu’ils font. Et à un certain stade, cela doit inévitablement déboucher sur des mobilisations massives que la classe dirigeante « ne parviendra pas à maîtriser », pour reprendre l’expression de Dominique de Villepin. La Riposte l’a dit et répété : aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente descendante sans préparer les bases matérielles et psychologiques d’une situation révolutionnaire.
Les séquestrations sont une illustration, parmi d’autres, du changement d’humeur qui est en train de s’opérer, dans la classe ouvrière. Elles ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur multiplication marque un tournant. En bloquant leur patron dans un bureau pour le forcer à discuter, les salariés disent, d’une certaine façon : « Nous sommes ici chez nous. Nous y faisons ce que nous voulons. ». Et ce qui effraie les capitalistes, c’est qu’il s’agit là d’un premier pas en direction d’une occupation de l’usine. Or, l’occupation d’une entreprise est justement la meilleure façon d’engager la lutte contre une fermeture, une délocalisation ou un plan de licenciements. Nous ne prétendons pas que c’est facile. Le gouvernement protestera et menacera, au nom de « l’Etat de droit » et du « droit à la propriété » – c’est-à-dire du droit de jeter des milliers de familles dans le désespoir. Mais l’occupation est la seule méthode de lutte efficace pour sauvegarder les emplois et l’outil de travail, à condition d’être le point de départ d’une lutte pour la nationalisation de l’entreprise, sous le contrôle des salariés. Récemment, au Venezuela, de telles luttes ont été victorieuses. Il nous faut suivre cet exemple !
Jérôme Métellus (PCF Paris)
dimanche 26 avril 2009
L'UMP écarte une loi sur l'inceste pour faire revoter Hadopi
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L'ire présidentielle a été telle après le rejet jeudi du projet de loi Hadopi, qu'il a été fait place nette au plus vite dans un calendrier parlementaire surchargé pour le faire revoter. Et c'est Jean-François Copé, président du groupe UMP, qui a tranché : il a « proposé de renoncer au texte sur l'inceste qui était prévu dans la semaine d'initiative parlementaire, à partir du 28 avril ».
C'est Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, qui l'affirme à la fin de son entretien ce lundi dans Le Monde : « On pourrait donc y inscrire le texte Internet pour une nouvelle lecture. »
Un texte Internet rejeté jeudi à la surprise générale, par une Assemblée nationale vide (21 voix contre 14). « C'est excellent », avaient alors exulté les députés UMP opposés au projet de loi. Sans compter la joie des élus de l'opposition… qui aura été de courte durée puisque le gouvernement annonçait aussitôt la représentation dudit projet de loi dès la rentrée des vacances parlementaires de Pâques.
« Il s'agit clairement d'une nouvelle atteinte à la démocratie », ont aussitôt tonné les représentants de l'opposition, comme la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. L'exécutif, par la voix de Roger Karoutchi, s'est justifié de ce recours à un point peu utilisé du droit, en dénonçant « le coup de flibuste monté par le groupe socialiste », dont des députés se seraient cachés, avant de débarquer brusquement pour créer le surnombre.
« Il y a quand même des priorités, mais que voulez-vous… »
La décision de refaire passer le projet de loi Hadopi devant le Parlement prise, restait à enlever un texte du calendrier parlementaire. Exit donc la proposition de loi de lutte contre l'inceste sur les mineurs, « visant à identifier, prévenir, détecter et lutter contre l'inceste sur les mineurs et à améliorer l'accompagnement médical et social des victimes ».
Contactée par Rue89, la députée UMP Arlettre Grosskost, cosignataire de cette proposition de loi repoussée à une date ultérieure, ne cache pas son étonnement, qui confine à l'agacement :
« Ça me surprend, vous me l'apprenez. C'est quand même étonnant parce que Jean-François Copé a encore parlé du texte sur l'inceste mardi en réunion de groupe, en disant qu'il était intéressant. Je suppose qu'il a dû avoir des instruction du chef… Je pense qu'il y a quand même des priorités, mais que voulez-vous… »
Ce remplacement ne sera toutefois officiel que mercredi soir, à l'issue de la Conférence des présidents, qui détermine l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, et du vote des députés sur ses conclusions le 28 avril. Mais lorsque le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et le président du groupe majoritaire sont déjà d'accord, la teneur du calendrier ne fait plus guère de doute.
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L'ire présidentielle a été telle après le rejet jeudi du projet de loi Hadopi, qu'il a été fait place nette au plus vite dans un calendrier parlementaire surchargé pour le faire revoter. Et c'est Jean-François Copé, président du groupe UMP, qui a tranché : il a « proposé de renoncer au texte sur l'inceste qui était prévu dans la semaine d'initiative parlementaire, à partir du 28 avril ».
C'est Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, qui l'affirme à la fin de son entretien ce lundi dans Le Monde : « On pourrait donc y inscrire le texte Internet pour une nouvelle lecture. »
Un texte Internet rejeté jeudi à la surprise générale, par une Assemblée nationale vide (21 voix contre 14). « C'est excellent », avaient alors exulté les députés UMP opposés au projet de loi. Sans compter la joie des élus de l'opposition… qui aura été de courte durée puisque le gouvernement annonçait aussitôt la représentation dudit projet de loi dès la rentrée des vacances parlementaires de Pâques.
« Il s'agit clairement d'une nouvelle atteinte à la démocratie », ont aussitôt tonné les représentants de l'opposition, comme la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. L'exécutif, par la voix de Roger Karoutchi, s'est justifié de ce recours à un point peu utilisé du droit, en dénonçant « le coup de flibuste monté par le groupe socialiste », dont des députés se seraient cachés, avant de débarquer brusquement pour créer le surnombre.
« Il y a quand même des priorités, mais que voulez-vous… »
La décision de refaire passer le projet de loi Hadopi devant le Parlement prise, restait à enlever un texte du calendrier parlementaire. Exit donc la proposition de loi de lutte contre l'inceste sur les mineurs, « visant à identifier, prévenir, détecter et lutter contre l'inceste sur les mineurs et à améliorer l'accompagnement médical et social des victimes ».
Contactée par Rue89, la députée UMP Arlettre Grosskost, cosignataire de cette proposition de loi repoussée à une date ultérieure, ne cache pas son étonnement, qui confine à l'agacement :
« Ça me surprend, vous me l'apprenez. C'est quand même étonnant parce que Jean-François Copé a encore parlé du texte sur l'inceste mardi en réunion de groupe, en disant qu'il était intéressant. Je suppose qu'il a dû avoir des instruction du chef… Je pense qu'il y a quand même des priorités, mais que voulez-vous… »
Ce remplacement ne sera toutefois officiel que mercredi soir, à l'issue de la Conférence des présidents, qui détermine l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, et du vote des députés sur ses conclusions le 28 avril. Mais lorsque le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et le président du groupe majoritaire sont déjà d'accord, la teneur du calendrier ne fait plus guère de doute.
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jeudi 23 avril 2009
Jacky HENIN interpelle le gouvernement à propos de Continental
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Jacky HENIN, député au Parlement européen ( Parti communiste français/ Front de Gauche) interpelle le gouvernement à propos de Continental :
Après la décision provocatrice du Tribunal de Sarreguemines, le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour sauver le site Continental !
Le jugement du Tribunal autorisant la Direction de Continental à poursuivre ses projets de fermeture du site de Clairoix malgré la trahison des engagements pris auprès des salariés il y a deux ans, est une véritable provocation et un jugement de classe.
Je renouvelle mon soutien total aux salariés en lutte face aux décisions violentes des actionnaires qui sacrifient la vie des salariés et de leur famille sur l’autel de leurs bénéfices.
Nicolas Sarkozy, le gouvernement français et les parlementaires UMP qui le soutiennent sont désormais au pied du mur : il faut arrêter les discours et passer aux actes.
La question est simple : la France et son industrie automobile ont-elles besoin de la fabrication de pneus ? Réponse : OUI.
Dès lors, le gouvernement va-t-il laisser délocaliser cette production en Roumanie et laisser sacrifier 1120 emplois directs et d’autres milliers indirects, en permettant au groupe Continental un véritable « dumping social » pour accroitre toujours plus les profits des actionnaires au détriment des salaires ?
Le 9 avril dernier, devant l’Assemblée générale des salariés j’ai formulé des propositions concrètes et interpellé le gouvernement : « on vient d’apprendre aujourd’hui que l’Etat, par l’intermédiaire du Fonds Stratégique d’Investissement, était prêt à verser 10 millions d’euros à l’équipementier automobile Heuliez pour sauver les 1000 emplois qui sont menacés. Pourquoi l’Etat ne pourrait-il pas prendre la même décision concernant Continental qui fabrique une production stratégique et indispensable à notre pays ? ».
Et j’ajoutais : « L’Etat a accordé 6,5 milliards d’euros à Renault et PSA Peugeot Citroën en échange de la pérennité des sites d’assemblage automobile. Le gouvernement doit exiger qu’une part de cet argent public serve à reprendre le site Continental de Clairoix dont les productions sont indispensables pour notre industrie automobile. ».
Le gouvernement doit répondre aujourd’hui concrètement à l’exigence des salariés de conserver leur emploi et à toute notre région de conserver ce site industriel.
Il faut voter des lois qui protègent les salariés :
de véritables pouvoirs aux représentants des salariés dans les Comités d’entreprise jusqu’aux Comités de groupe européen, avec notamment un droit de veto suspensif sur les suppressions d’emplois
l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui profitent ( la proposition de loi de Marie-George Buffet sera mise en discussion le 28 mai à l’Assemblée : faisons pression pour qu’elle soit votée !)
une harmonisation européenne fiscale, sociale et écologique garantissant les meilleures conditions de vie pour les salariés et leur famille avec notamment un salaire minimum européen
la taxation des produits venant de pays pratiquant le « dumping » social, fiscal et environnemental et le versement de cette taxe à un Fonds aidant à l’harmonisation sociale « vers le haut »
le contrôle et la taxation de la circulation des capitaux
Ensemble, dans la rue et au Parlement,
nous pouvons faire reculer le pouvoir des actionnaires !
Source : elunet.org
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Jacky HENIN, député au Parlement européen ( Parti communiste français/ Front de Gauche) interpelle le gouvernement à propos de Continental :
Après la décision provocatrice du Tribunal de Sarreguemines, le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour sauver le site Continental !
Le jugement du Tribunal autorisant la Direction de Continental à poursuivre ses projets de fermeture du site de Clairoix malgré la trahison des engagements pris auprès des salariés il y a deux ans, est une véritable provocation et un jugement de classe.
Je renouvelle mon soutien total aux salariés en lutte face aux décisions violentes des actionnaires qui sacrifient la vie des salariés et de leur famille sur l’autel de leurs bénéfices.
Nicolas Sarkozy, le gouvernement français et les parlementaires UMP qui le soutiennent sont désormais au pied du mur : il faut arrêter les discours et passer aux actes.
La question est simple : la France et son industrie automobile ont-elles besoin de la fabrication de pneus ? Réponse : OUI.
Dès lors, le gouvernement va-t-il laisser délocaliser cette production en Roumanie et laisser sacrifier 1120 emplois directs et d’autres milliers indirects, en permettant au groupe Continental un véritable « dumping social » pour accroitre toujours plus les profits des actionnaires au détriment des salaires ?
Le 9 avril dernier, devant l’Assemblée générale des salariés j’ai formulé des propositions concrètes et interpellé le gouvernement : « on vient d’apprendre aujourd’hui que l’Etat, par l’intermédiaire du Fonds Stratégique d’Investissement, était prêt à verser 10 millions d’euros à l’équipementier automobile Heuliez pour sauver les 1000 emplois qui sont menacés. Pourquoi l’Etat ne pourrait-il pas prendre la même décision concernant Continental qui fabrique une production stratégique et indispensable à notre pays ? ».
Et j’ajoutais : « L’Etat a accordé 6,5 milliards d’euros à Renault et PSA Peugeot Citroën en échange de la pérennité des sites d’assemblage automobile. Le gouvernement doit exiger qu’une part de cet argent public serve à reprendre le site Continental de Clairoix dont les productions sont indispensables pour notre industrie automobile. ».
Le gouvernement doit répondre aujourd’hui concrètement à l’exigence des salariés de conserver leur emploi et à toute notre région de conserver ce site industriel.
Il faut voter des lois qui protègent les salariés :
de véritables pouvoirs aux représentants des salariés dans les Comités d’entreprise jusqu’aux Comités de groupe européen, avec notamment un droit de veto suspensif sur les suppressions d’emplois
l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui profitent ( la proposition de loi de Marie-George Buffet sera mise en discussion le 28 mai à l’Assemblée : faisons pression pour qu’elle soit votée !)
une harmonisation européenne fiscale, sociale et écologique garantissant les meilleures conditions de vie pour les salariés et leur famille avec notamment un salaire minimum européen
la taxation des produits venant de pays pratiquant le « dumping » social, fiscal et environnemental et le versement de cette taxe à un Fonds aidant à l’harmonisation sociale « vers le haut »
le contrôle et la taxation de la circulation des capitaux
Ensemble, dans la rue et au Parlement,
nous pouvons faire reculer le pouvoir des actionnaires !
Source : elunet.org
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