jeudi 10 juillet 2008

Le PGE (Parti de la gauche européenne) commence son université d’été !



Le PGE (Parti de la gauche européenne) fait son université d’été, du 10 au 14 juillet 2008.

> Espace Niemeyer, 2 place du Colonnel Fabien, 75019 Paris

www.european-left.org

Objectifs

- Approfondir l’axe 1 de l’Appel de Prague fait au 2e congrès du PGE : « Unis, nous mettrons en échec la tentative de généraliser la précarisation du travail et la flexicurité. Au nom d’une Europe qui n’abandonne pas les droits sociaux. Au nom du droit de chacune et de chacun de planifier sa vie dans la sécurité. »

- Participer à la construction d’une unité d’intérêts et d’aspirations entre salariés habitants l’Europe afin de faire émerger une conscience de classe au niveau européen par-delà les différences d’âge, de sexe, de qualification, de pays d’Europe d’Ouest ou d’Est, migrants de l’intérieur ou de l’extérieur de l’UE.

- Faire connaître nos propositions et participer à l’élaboration d’une plate-forme commune concernant la politique sociale pour les élections européennes.

L’université d’été s’inscrit dans une campagne contre la précarité comprenant des initiatives dans les pays européens en octobre 2008 et la participation au Forum Social Européen de Malmö en septembre 2008.


PROGRAMME :

Jeudi, 10 juillet

Transformation du marché du travail, précarisation du salariat, conséquences sociales et politiques

13:30 - 14:00

- Accueil

Brève présentation de l’université d’été Christine Mendelsohn (PGE) et Elisabeth Gauthier (Transform !Europe)

14:00 - 16:00

- Plénière

Modérateurs : Anastasia Theodorakopoulou et Benjamen Salesse
• Capitalisme financier et transformation du salariat
Elisabeth Gauthier (Transform !Europe, Espace Marx)
• Précarisation du salariat, éclatement des sociétés ; enjeux sociaux, idéologiques et politiques pour la gauche Joachim Bischoff (Revue Sozialismus, Transform !Europe)

16:30 - 18:30

- Ateliers

1. Nouvelles réalités sociales et la bataille de l’hégémonie politique : stratégies de droite avec Sarkozy, Berlusconi ; crise européenne de la social-démocratie ; potentiels pour une gauche de transformation sociale
Elisabeth Gauthier (Transform !Europe, Espace Marx), Cornelia Hildebrand (Fondation Rosa Luxemburg, Transform ! Europe), Haris Golemis (Institut Nicos Poulantzas, Transform !Europe)

2. Transformation néolibérale de l’école et de l’université, sens et portée des résistances
Maite Mola (PCE), Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice des Hauts de Seine), Olivier Gebuhrer (PCF), Stéphane Bonnery (PCF) et Daniel Rome (PCF)

3. Quels regards sur mai 1968 quarante ans après ? Quels enseignements pour le débat politique contemporain ?
Jan Slemenda (SDS) et Patrick Coulon (Transform !Europe)

19:30

- Meeting avec Marie-George Buffet in Bobigny et repas

Vendredi, 11 juillet

La politique européenne néolibérale et les résistances

10:00 - 12:00

- Plénière

Modérateurs : Katharina Tetzlaff et Henri Wehenkel

Présentation de l’association pour les précaires APEIS
• L’agenda de Lisbonne (2000 - 2010) quant au marché du travail, aux protections sociales et aux secteurs publics. L’appui de la Cour de justice européenne à la politique actuelle de l’Union européenne face aux luttes des salariés. Attaques des droits de grève.
Alfred Kleinknecht (professeur d’économie des innovations, Polytechnique Delft)
• EADS : un exemple d’un processus de résistance et proposition commune.
Michel Molesim (membre du comité européen d’entreprise EADS) Programme Université d’été 2008

14:00 - 16:00

- Ateliers

1. Les femmes points d’appui et victimes de la flexibilité
Litsa Doudoumi (Synaspismos) et intervenante de Europe de l’Est

2. Les jeunes et les conséquences de la flexibilité sur les autres aspects de la vie
Giorgos Karatsioubanis (Jeunes de Synaspismos), Francesca Ruocco (PRC)

3. Comment résister à la mise en concurrences des salariés de l’Est et de l’Ouest
Daniel Bliort (Alliance Socialiste Roumanie) et Christian Pelishowsky (CGT)

4. Les migrants : aspects économiques et politiques des migrations Pedro Marset (PCE), Omar Rkiouak Khanounous (salarié migrant dans la lutte
avec la CGT France) et Fabienne Lentz (Dei Lenk, Transform !Europe)

5. Les conséquences de la précarité sur la santé Carles Acozar (EuiA)

17:30

- Musée d’art contemporain Mac Val et accueil par la fédé du Val de Marne

Samedi, 12 juillet

Nos propositions pour une Europe sociale et démocratique

10:00 - 12:00

- Plénière

Modérateurs : Maite Mola et un jeune socialiste polonais
(Nous aurons en début de plénière une présentation de l’espace Niemeyer que nous visiterons à 16:00.)

• Différences et points communs des propositions alternatives des partis membres du PGE Walter Baier (Transform !Europe)
• Présentation des propositions du PGE un membre du bureau du PGE

14:00 - 16:00

- Ateliers

1. Quelles stratégies pour reconstruire une conscience de classe contemporaine, d’une volonté de transformation commune : campagne citoyenne à mener pour un nouveau traité
Christiane Reymann (Die Linke), Jean François Gau (PCF, campagne contre le TCE) et un représentant du Sinn Fein

2. L’état du débat sur le salaire minimum au niveau européen : la motion de Die Linke au 2e congrès, texte du réseau des syndicalistes
Steffen Bockhahn (Die Linke) et un membre du réseau des syndicalistes PGE

3. Le temps de travail et flexibilité : le débat actuel au Parlement européen
Dimitris Papadimoulis (Synapismos, député européen GUE/NGL) et Francis Velain (responsable UGICT CGT métallurgie)

4. Analyse critique du modèle social Nordique, de son utilisation dans le débat idéologique et politique en Europe.
Inger Johansen (Alliance rouge/verte), Gitte Pedersen (Alliance rouge/verte), Christan Juhl (syndicaliste 3F Danois) et Yan Le Lann (UEC)

16:00

- Visite l’espace Niemeyer avec Gérard Fournier

19:00

- Ballade sur la Seine pour voir les monuments de Paris et repas au bord de Seine

Dimanche, 13 juillet

Journée du sommet européen sur l’Union pour la Méditerranée, à Paris L’Europe et les autres régions du monde

10:00 - 12:00

- Plénière

Modérateurs : Aminata Diouf et Pedro Marset

• L’Europe et les autres régions du monde
Francis Wurtz (président de la GUE/NGL), Obey Ament (PCF, pour l’Amérique Latine), Laila Shaïd (PCF, pour le Proche Orient), Inna Shupac (PC Moldave) et Miguel Portas (Bloco de Esquerda, député européen GUE/NGL)

14:00 - 16:00

- Plénière

Modérateurs : Cristina Gay et Yannis Bournous

- Compte rendu des ateliers des jours précédents

20:00

Repas a Saint-Denis, feu d’artifice et le bal du 14 juillet (fête nationale)

Lundi, 14 juillet

La campagne commune contre la précarité en Europe

10:00 - 12:00

Réunion de travail sur les suites à donner à cette université d’été Information sur le forum social européen 2008 de Malmö et notre participation.
Campagne contre la précarité en Europe : matériel commun, le tour des fêtes des partis et l’organisation de la campagne de terrain au mois d’octobre.
Le meeting de Bruxelles du 25 octobre
Paul Marcus (PC Wallonie), Anastasia Theodorakopoulou (Synaspismos), Christine Mendelsohn (PCF) et Pedro Marset (PCE)

12:00

- Pique-nique et départ

mercredi 9 juillet 2008

UMP/Grèves : Nicolas Sarkozy est le président d’un camp contre l’autre, celui du patronat contre les salariés

Au conseil de l’UMP, Nicolas Sarkozy s’est félicité qu’en France, « maintenant, lorsqu’’il y a une grève, personne ne s’’en aperçoit. » C’est une provocation présidentielle de plus, incompatible avec l’’affirmation de la nécessité de la concertation sociale et du respect des syndicats.

On attend autre chose du Président de la République et du Président en exercice de l’’Union européenne qu’il tienne en dérision, avec des formules de matamore l’ensemble du mouvement social. Cette nouvelle attaque contre les salariés ne fait que confirmer le manque total de crédibilité du discours présidentiel sur le progrès social.

C’est désormais officiel, le président de la république est bien le président d’un camp contre l’autre, celui du patronat contre les salariés.


Source : site national du PCF

mardi 8 juillet 2008

L'edito de la FD 62 : on ne saurait mieux dire!!

34ème CONGRES, MAUVAIS COUPS,
IL EST PLUS QUE TEMPS DE S’EN MELER !

Il y a un peu plus de 2 mois lors d’une Assemblée générale de section, nous avons fait le constat unanime qu’on ne pouvait laisser Sarkozy continuer ses mauvais coups sans résistance et nous nous sommes dit qu’objectivement les populations devraient se révolter mais que si elles ne le faisaient pas, c’était peut être parce que nous, les communistes, étions trop frileux. Nous avons donc décidé un porte à porte dans un quartier populaire où notre activité politique de terrain s’est dissipée au fil des années. Nous étions une dizaine de communistes à participer et à tenir le même discours aux gens « Madame, Monsieur, cela fait un an que Sarkozy est arrivé au pouvoir. Vous vous serrez de plus en plus la ceinture y compris sur l’essentiel. Sarkozy en a encore pour 4 ans. Si vous voulez que cela continue comme cela OK ! Si vous pensez qu’il est vital pour vous d’arrêter le massacre alors venez avec nous pour vous battre ! ».

Bilan de la matinée après, seulement 1 H/1H 15 de porte à porte = 11 adhésions au PCF réalisées par 4 ou 5 camarades différents.

Lors de la dernière Assemblée générale de section, un camarade a dit que nous ne tirions pas assez sur le PS . La discussion a permis d’aller au-delà de cet énoncé manifestement trop court. En adhérant au capitalisme rectifié de façon minimale à la marge, le PS pose un vrai problème de crédibilité politique pour toutes les forces de gauche qui aspirent à un changement profond de société, en premier lieu le PCF . Se refuser à affronter cette question est suicidaire pour le Parti Communiste. Il ne suffit plus d’appeler le PS à revenir à gauche mais de créer une dynamique populaire pour l’y obliger. On en revient aux rassemblements populaires majoritaires que une Direction Nationale devrait aider à construire sur telle ou telle question (retraites, pouvoir d’achat, logement...) pour faire monter concrètement l’exigence d’un changement radical de société.

Mais certains camarades (parfois dirigeants nationaux) qui ne croient plus eux-mêmes à l’avenir du parti peuvent ils proposer autre chose que de petites combinaisons politiciennes et stériles ?

Il y a quelques semaines, Marie George Buffet a appelé à un véritable bouillonnent de propositions politiques cohérentes, que les bouches s’ouvrent dans le parti.

Alors oui, il est temps de se mêler du congrès non dans un esprit de tendance ou de fraction mais animés de cette force et de cette richesse collectives que les communistes gagnent chaque fois qu’ils mettent en action des femmes et des hommes en prouvant par A+B l’utilité du Parti Communiste.

Il y a urgence car les mauvais coups redoublent : passage à 41 années de cotisation pour une retraite pleine ; casse des 35 heures et baisse de rémunération des heures supplémentaires ; menaces officielles sur l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (prenez une assurance privée ou l’on vous reprend sur votre succession !) ; nouveaux déremboursements de médicaments touchant cette fois les maladies de longue durée ; sur place du SMIC.

Décidément camarades, il est plus que temps de s'en mêler !

Dominique WATRIN

Source : site FD 62

lundi 7 juillet 2008

Pétition Pour une loi-cadre contre les violences faites aux femmes

"France, 2008, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. Tout le monde se désole. Mais disposons-nous vraiment de toutes les mesures nécessaires pour combattre les violences faites aux femmes ? Toutes les violences faites aux femmes.

Pourquoi la loi ne prend-t-elle pas en compte la prévention des violences faites aux femmes et laisse chacun-e se débrouiller dans son coin ?

Pourquoi les violences psychologiques sont-elles reconnues au travail sous le nom de harcèlement moral et non pas dans le couple ?

Pourquoi la solidarité nationale ne se décline-t-elle pas financièrement auprès des victimes les plus démunies ?

Pourquoi une femme qui se sent menacée ne peut-elle bénéficier d’une protection urgente ? Pourquoi sont-elles si peu à porter plainte (8 % des femmes de 20 à 59 ans victimes de viol, chiffres ENVEFF) ?

Il est temps que la France adopte un ensemble de mesures intégrées et globales pour combattre ce fléau social, comme l’ont fait l’Espagne et la Suède.

Le Collectif national pour les Droits des Femmes, soutenu par d’autres associations féministes, a rédigé une proposition de loi-cadre pour combattre ces violences, qui a été déposée sur le bureau de l’Assemblée par le Groupe de la gauche démocratique et républicaine.

Sur http://www.ville-stains.fr signez et faites signer la pétition pour que la discussion de cette proposition de loi soit inscrite à l’ordre du Jour de l’Assemblée nationale et du Sénat."


Source : elunet.org

jeudi 3 juillet 2008

Après la rétention de sûreté préventive, le fichage policier des enfants de treize ans

Un décret paru le 2 juillet autorise le fichage des mineurs "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public" et ce dès l’âge de 13 ans....

Pour la Ligue des droits de l’homme "c’est un fichage arbitraire et stigmatisant" :

"Par deux décrets publiés au Journal officiel du 1er juillet 2008, le gouvernement a accompagné la fusion des RG avec la DST d’une redoutable extension du fichage politico-policier des citoyens.

Le nouveau fichier, dit EDVIGE, mélange les personnes considérées par un policier comme « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public » avec les militants associatifs, syndicaux ou politiques et en général tout citoyen sur lequel le gouvernement souhaite en savoir davantage : il s’insère en cela dans la tradition française d’utilisation politicienne de la police.

Mais avec EDVIGE, il ne s’agit plus, comme avec le STIC, de ficher les auteurs d’ « infractions constatées », mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage.

Et il y a pire : désormais vont pouvoir être eux aussi « tracés » comme futurs délinquants présumés les enfants, dès l’âge de treize ans, que les policiers considèrent comme potentiellement dangereux.

La ministre de l’Intérieur a prétendu se justifier en invoquant l’âge auquel des sanctions pénales sont désormais possibles, argument qu’a balayé la CNIL en faisant observer que ce fichier « ne revêt aucune finalité de police judiciaire ». Mais cela n’a pas arrêté le gouvernement un seul instant : poursuites pénales et fichage policier préventif sont devenus une seule et même mission dans l’esprit des gouvernants français. La séparation des pouvoirs progresse à pas de géants…

Dirigeables équipés de caméras surpuissantes pour filmer les banlieues, prison préventive à vie après la fin de l’exécution d’une peine, extension massive des fichiers d’empreintes génétiques, et à présent fichage d’enfants de treize ans désignés d’avance comme futurs repris de justice : le contrôle social tient lieu de politique sociale, et le « plan Marshall » annoncé se transforme en « plan Orwell ».

La Ligue des droits de l’Homme considère ce niveau de surveillance des citoyens, généralisée parfois, discriminatoire souvent, comme incompatible avec l’état de droit. Face à des gouvernants qui se réclament du libéralisme, elle rappelle aux citoyens la prédiction de Thomas Jefferson : « Quiconque est prêt à sacrifier sa liberté pour un peu de sécurité provisoire ne mérite ni l’une ni l’autre et perdra les deux ».

Source : elunet.org

"Il n’y a rien à attendre de bon de la présidence française de l’UE"

Communiqué du PCF

"Difficile pour Nicolas Sarkozy de ne pas reconnaître « que ça ne va pas en Europe », que « l’Europe inquiète alors qu’elle devrait protéger ».

Pourtant en dépit de tous ses efforts, il n’arrive pas à convaincre. Il tente désespérément de défendre un modèle d’Europe qui a fait son temps. Si on voulait sortir l’Europe de la crise, il faudrait entendre ce que disent les peuples.

Il faut mettre le social au cœur de la construction. Au contraire, pour Nicolas Sarkozy, non seulement ce n’est pas une priorité, mais ça ne fait pas partie des prérogatives de l’Europe. Comment convaincre alors quand on dit qu’on ne peut rien faire sur le prix du pétrole, sur la TVA ; qu’on ne peut pas toucher à la BCE, qu’on ne peut rien faire sur les salaires, qu’on parle de tous les dumpings sauf le dumping social.

Il ne tire aucune leçon du référendum en Irlande, qu’il cherche avant tout à isoler avec l’idée sous-jacente d’imposer un nouveau référendum. En confirmant la poursuite des réformes anti-sociales, il a porté le coup de grâce.

Il n’y a effectivement rien à attendre de bon de la Présidence de l’UE par Nicolas Sarkozy . Mais cette Présidence Française est une opportunité pour que s’expriment très fortement les exigences sociales et l’exigence démocratique de respect du vote des Irlandais pour changer les politiques en Europe et pour un nouveau Traité."


Source : elunet.org

mercredi 2 juillet 2008

L’argent n’est ni fou ni diabolique : il irrigue l’économie selon les canaux qui lui sont ouverts.


Les milliards ne cessent de s’envoler sur les places financières, dans une flambée boursière ininterrompue Mais le discours officiel ne change pas, dur pour les salaires, indulgent pour les actionnaires et leurs gâchis.

« On va jeter en pâture à l’opinion ces milliards dans un pays qui n’aime pas la réussite » s’inquiétait récemment Le Figaro alors qu’il constatait un nouveau record de profits des entreprises du CAC 40 (100 milliards d’euros). Pas facile, dans un décor de pareille opulence, d’en finir avec « les freins à la croissance, les oripeaux du collectivisme et les reliques du gaullo-communisme d’après-guerre encore bien trop pesant ».

Si de temps à autre des chiffres faramineux sont livrés au public, ils sont tout aussitôt présentés comme inaccessibles aux citoyens. Les profits seraient intouchables, les choix de gestion indiscutables et l’argent suivrait des circuits mystérieux, pris quelques fois de folles convulsions, sans que son usage soit à discuter. Il est le grand tabou de la pensée unique.

La violence des désordres du monde appelle pourtant à bousculer la vache sacrée et ses bouviers intéressés. Non, l’argent n’est ni fou ni diabolique. Il irrigue l’économie selon les canaux qui lui sont ouverts. La crise immobilière américaine puis financière avec les subprimes répond à des choix qui édifient de gigantesques profits sur des montagnes de dettes. Des fonds ont ainsi pu emprunter trente fois leur mise initiale, appâtés par la perspective de gains élevés. Jusqu’à l’effondrement. Aujourd’hui, de grands banques battent de l’aile, repêchées in extremis par de l’argent public aux Etats-Unis mais aussi en Grande Bretagne et plus largement en Europe.

Aujourd’hui les capitaux désertent la terre brûlée de l’immobilier américain pour spéculer sur d’éventuelles pénuries alimentaires, pétrolières ou de matières premières, les provoquant même s’il le faut pour se refaire ou gagner le gros lot. A leur suite, courent famines et malnutritions, envolées des prix pour les peuples, catastrophes pour des professions très liées aux carburants, freinage du crédit et de la croissance. Pour maintenir un taux élevé de profit, il faut réduire les coûts du travail, élever les prix à la consommation, brimer les besoins des peuples non seulement des pays développés mais aussi de ces pays en voie de développement où les multinationales ont puisé une main-d’œuvre bon marché. Mais là aussi les tensions s’exacerbent ainsi que l’ont montré les mouvements sociaux dans les usines occidentales implantées en Roumanie. Les capitaux ont besoin d’accelerer encore les innovations technologiques et y investissent, tentant dans des opérations de fusions-acquisitions d’en contenir un peu la facture. Alors que les besoins sont réfrénés, la surproduction menace et la sur-accumulation de capitaux financiers, de productions, informationnels pourrait bien conduire à une explosion dans les années qui viennent.

La crise s’avère celle du système.La recherche sans relâche de gains maximums conduit les détenteurs de capitaux à négliger leurs responsabilités sociales et territoriales, malmenant les peuples et aggravant les tensions. L’épuisement des ressources, les risques même sur l’avenir de la planète semblent secondaires dans cette logique. Les biens communs de l’humanité ne peuvent être sacrifiés à des logiques aussi cupides. Les besoins à l’échelle mondiale du développement du tiers monde, de l’accroissement de la longévité et des retraites, de formations d’un niveau sans cesse plus élevé impliquent que les richesses créées y soient largement consacrées.

Invraisemblable paradoxe : alors que dans l’industrie les richesses produites (la valeur ajoutée) ont augmenté de 3,3% en 2007, que « l’industrie a été le premier bénéficiaire des mesures sur les heures supplémentaires » selon le Président du Groupement français de l’industrie, le salaire brut a seulement progressé de 1,4%. L’explication ? Les profits ont augmenté de 7,4%. Le « travailler plus pour gagner plus » est bien une arnaque. Il est temps d’ouvrir un débat public sur l’usage de l’argent, celui des entreprises drainé vers les dividendes des actionnaires, celui des marchés financiers et du crédit, les fonds publics si massivement offerts sans même un contrôle aux grandes entreprises. Ainsi les besoins d’investissements, de croissance, d’emplois, de pouvoir d’achat, de protection sociale, de formation initiale et continue pourraient être satisfaits. La politique n’est pas impuissante, contrairement à la rengaine des gouvernants.


Source : site national du PCF