lundi 17 décembre 2007

Sicko, le dernier Michael Moore

Armé d’un fil et d’une aiguille, Rick, un jeune chômeur, referme lui-même la plaie longue et profonde qui parcout son genoux : « je n’ai pas les moyens de me payer de véritables soins. » Le plan suivant nous montre Adam, la cinquantaine passée, penché sur la scie électrique qui lui a récemment emporté deux doigts. Un accident domestique comme il s’en produit souvent. Mais lorsqu’il est arrivé à l’hôpital, ses deux bouts de doigt en poche, on lui a sorti les tarifs : 12 000 dollars pour lui recoller l’annulaire, et 60 000 pour le majeur. Adam n’a pu se payer que l’intervention à 12 000 dollars.

Dans quel pays du Tiers-monde ces images ont-elles été tournées ? Aux Etats-Unis d’Amérique, la première puissance économique au monde. On a tous entendu dire que le système de santé américain était très inégalitaire. Mais le dernier film de Michael Moore, Sicko, permet de prendre la mesure de la catastrophe. C’est également un puissant plaidoyer contre ce système de santé rongé par des mutuelles privées uniquement préoccupées par leurs marges de profit.
Comme Adam et Rick, 50 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie. On estime que 18 000 d’entre eux en meurent, chaque année. « Mais ce n’est pas le sujet du film », explique Michael Moore. Le sujet du film, c’est l’enfer auquel sont confrontés de très nombreux Américains qui ont une mutuelle, lorsque par malheur ils tombent malades. Car le fait d’avoir souscrit une telle assurance n’est pas une garantie que vos soins seront payés. Les mutuelles privées n’ont tout simplement pas intérêt à vous rembourser : il y va de leurs bénéfices. Le remboursement d’un soin est une « perte » ; le refus de le rembourser, un « gain » : ainsi s’exprime-t-on, dans les hautes sphères de ces entreprises qui spéculent sur la santé de millions de travailleurs américains.

Fidèle à sa méthode, Michael Moore recueille toute une série de témoignages poignants qui se complètent pour former une seule et même dénonciation. Par exemple, une mère explique comment son enfant, victime d’un malaise soudain, est mort parce que sa mutuelle refusait qu’il soit reçu aux urgences les plus proches de son domicile.
Dans le bâtiment des urgences, des médecins étaient là qui auraient pu sauver l’enfant. Mais au téléphone, les ordres de sa mutuelle étaient formels : nous ne payeront pas les soins s’ils sont effectués ici. Dès lors, rien à faire : « circulez ». Ulcérée, la mère protestait, insistait, s’acharnait. Mais rien n’y fit. Le temps de se rendre dans le « bon » hôpital, l’enfant s’était éteint.
Sicko rapporte un certain nombre d’histoires dramatiques du même ordre, souvent très émouvantes. La mort n’est pas la seule option : les plus chanceux s’en sortiront avec d’énormes dettes, ou encore d’insupportables souffrances physiques ou psychiques. Au fur et à mesure que le film relate ces vies brisées sur l’autel du profit, on comprend qu’il ne s’agit pas de « faits divers » ou d’exceptions, mais de tragédies fréquentes, conséquences inévitables d’un véritable système.

Ce système, Moore montre aussi ceux qui en profitent : les grands patrons de l’industrie de la santé et les politiciens à leur solde (dans tous les sens du terme). Les bénéfices records, la corruption, les doubles discours : Moore intercale tout cela, sous formes d’images d’archives, entre les différents témoignages. Le contraste est poignant entre, d’un côté, cette caste de millionnaires pétrie de cynisme qui s’arroge le droit de vie ou de mort – et, de l’autre, ces familles dignes, courageuses, mais pauvres, qui racontent leur drame. Au passage, Moore – déjà la bête noire de Bush et des Républicains – discrédite les politiciens démocrates, et notamment Hillary Clinton, dont il dévoile la vénalité et la soumission complète aux intérêts de la classe dirigeante américaine.

Mais les témoignages les plus impressionnants sont peut-être ceux des anciens employés des grandes mutuelles privées, qui ont démissionné pour ne plus se sentir complices. Une ancienne secrétaire raconte, en larmes, qu’elle savait d’un coup d’œil si un dossier de candidature allait être rejeté par ses chefs. Car il faut postuler pour souscrire une assurance privée : celle-ci ne va pas prendre le risque de couvrir quelqu’un dont le passé médical augmente la probabilité qu’il soit malade ! Telle est la complète absurdité de l’affaire. Mais comme le disait Shakespeare, « il y a de la méthode dans cette folie ». Un médecin aillant quitté l’une de ces entreprises explique que son travail consistait à débusquer des vices de procédure, dans les dossiers des assurés, pour éviter d’avoir à payer leurs soins. Un autre raconte qu’il était généreusement augmenté chaque fois qu’il parvenait à réduire le nombre de remboursements. Or plus le mal est grave, plus les soins sont chers, et plus les enjeux financiers, pour la compagnie, sont importants. Ainsi, la course au profit entre en conflit direct avec la santé publique.

Une fois ce constat établi, Michael Moore entreprend un périple dans trois pays – le Canada, la Grande-Bretagne et la France – où il discute avec la population, les médecins et les employés des hôpitaux. L’objectif de Moore est de créer un contraste frappant entre les systèmes de santé de ces pays et celui des Etats-Unis. Ce faisant, Moore force le trait. Les travailleurs français, canadiens et britanniques ne partageront pas son enthousiasme pour leurs systèmes de santé respectifs, que leurs classes dirigeantes, d’ailleurs, ne cessent d’attaquer. Mais Moore ne fait pas dans le détail, pour ainsi dire, et ce jeu de contrastes lui donne une occasion de déployer son excellent humour. Pour finir, il amène un groupe d’Américains malades à Cuba, où ils se verront accorder gratuitement – comme c’est le cas pour tous les Cubains – les soins de qualité qui leur étaient refusés aux Etats-Unis.

Ce film a eu un énorme impact, outre-Atlantique, où il a suscité, chez des milliers de personnes, la volonté de s’organiser et de lutter pour le droit de tout citoyen américain à une véritable assurance maladie. Des réunions publiques ont eu lieu ; des comités de lutte se sont constitués. C’est un symptôme de la grande fermentation sociale à l’oeuvre, dans ce pays.
En France, également, nul doute que le film sera un succès. Il comprend d’ailleurs un avertissement pour la classe ouvrière française. La droite et le MEDEF rêvent de démanteler la sécurité sociale et d’ouvrir davantage le secteur de la santé aux mutuelles privées. Lors de la présentation de Sicko, à Cannes, Michael Moore nous a prévenus : « ne laissez pas Sarkozy s’inspirer de notre système ». Les jeunes et les travailleurs qui n’en seraient pas encore convaincus ont tout intérêt à aller voir ce film.

Jérôme Métellus (PCF)
Source : La Riposte

Besancenot prône un nouveau parti d'extrême-gauche

"Ne pensez-vous pas que l'heure est venue pour la construction d'un parti internationaliste, indépendant des institutions, anticapitaliste et qui veut révolutionner la société", a-t-il demandé.

Olivier Besancenot est favorable à la dissolution de son parti, la Ligue communiste révolutionnaire, pour fédérer au sein d'une seule formation le courant anticapitaliste à gauche.
"La Ligue communiste révolutionnaire doit désormais être dépassée et tourner une page sans renier son héritage", déclare le chef de file de la LCR dans une interview au Parisien de vendredi.

"Nous voulons rassembler tous les anticapitalistes et tous les partisans d'un changement de société dans une nouvelle formation", ajoute Olivier Besancenot, arrivé en tête de la gauche non socialiste à l'élection présidentielle avec 4,08%.
Le dirigeant d'extrême-gauche estime qu'un congrès constitutif de cette nouvelle formation pourrait avoir lieu l'an prochain.
Ce dernier reste hostile à une alliance gouvernementale avec le Parti socialiste, pour conserver une indépendance politique, à ses yeux "gage de liberté".
"Elle n'empêche pas une résistance commune face à la droite", souligne-t-il toutefois.

LES ASSASSINS SONT PARMI NOUS

''Nous citons ici le très bon éditorial de [nos amis de la fédé du Pas-de-Calais http://www.pcf62.com/fr
Merci à David Noël pour la pertinence de sa plume.

'' L'Homme le plus riche du monde s'appelle Carlos Slim. Sa fortune s'élève à 59 milliards de dollars, un milliards de plus que Bill Gates, le patron de Microsoft, et trois fois le PIB du Soudan, qui compte 42 millions d'habitants. Magnat des télécommunications, Carlos Slim est aujourd'hui le principal actionnaire des plus importants groupes du Mexique. L'ensemble de ses participations représente près de 5 % du PIB mexicain en 2006, tandis que les sociétés qu'il contrôle représentent près d'un tiers des 422 milliards de dollars circulant à la Bourse mexicaine, selon les calculs du magazine américain Fortune.Si certains chiffres nous rendent incrédules, il en est d'autres qui ne peuvent que nous révolter. En cet été 2007, un milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, 100 000 êtres humains meurent de faim ou de ses conséquences immédiates chaque jour dans le monde. Un enfant de moins de 10 ans meure toutes les 5 secondes de cette même cause. Selon le rapport annuel de l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture, 842 millions d'hommes et de femmes souffrent de malnutrition chronique aggravée, un chiffre en constante augmentation.Pourtant, il est avéré que l'agriculture mondiale peut, à l'heure actuelle, nourrir dans de bonnes conditions 12 milliards d'individus, soit près du double de la population mondiale ! Ces quelques chiffres aberrants font dire à Jean Ziegler, rapporteur spécial auprès des Nations Unies sur le Droit à l'alimentation, auteur de l'Empire de la honte que "chaque enfant qui, aujourd'hui, meurt de faim est, en réalité, assassiné".

Les assassins sont parmi nous. Ce sont ces "500 multinationales qui contrôlent 52 % du PIB mondial", "ne s'intéressent absolument pas au sort des pays dans lesquels elles sont implantées", "mènent une politique de maximalisation des profits et assoient leur pouvoir par la corruption des dirigeants".Le Brésil constitue un cas d'école des ravages du capitalisme néolibéral. Depuis 1975, les grandes firmes agricoles brésiliennes ont défriché la forêt vierge et ses arbres gigantesques, sur une surface équivalant à la France et au Portugal réunis, pour y cultiver du soja, au point que le Brésil en est devenu le premier producteur mondial. Or, le soja appauvrit la terre amazonienne. Un soja qui est ensuite exporté massivement vers l'Europe, où il sert à nourrir... les cheptels, et, en particulier, les poulets. Pendant ce temps là, les paysans souffrent de malnutrition chronique (comme 25 % des Brésiliens), et vivent dans une telle misère qu'ils doivent puiser leur eau - à boire - dans des mares polluées, à leurs risques et périls.Au Brésil comme ici, ce sont les multinationales qui font la loi. 85 % de la filière agro-alimentaire brésilienne est aux mains de groupes comme Mosanto, Novartis, Danone ou Nestlé qui a fait grimper son bénéfice net de 11.4 % à 2,63 milliards d'euros au premier semestre 2006... Au total, le chiffre d'affaires du numéro un mondial de l'alimentaire a augmenté de 11 % à 29,8 milliards d'euros !

Au milieu du chaos du monde, les profits des multinationales continuent d'exploser. Le sidérurgiste allemand Thyssen-Krupp vient d'annoncer un résultat trimestriel avant impôts de 1,22 milliards d'euros, contre 806 millions un an plus tôt. Son chiffre d'affaire a augmenté de 11 % à 13,34 milliards d'euros.Le groupe aérien Air France - KLM a annoncé, jeudi 9 août, un bénéfice net de 415 millions d'euros au premier trimestre 2007, en hausse de 70,1 % par rapport aux 244 millions d'euros dégagés sur la même période en 2006.

Les maîtres du monde pavoisent. En vacances à Wolfboro dans une maison de près de 200 m² appartenant à Mike Appe, ancien dirigeant de Microsoft, qu'il loue 30 000 $ par semaine, Nicolas Sarkozy a rencontré Georges Bush. Les baisses d'impôts accordées par le président américain aux contribuables fortunés se sont élevés à 2600 millions de dollars. Du jamais vu...Partout, dans une atmosphère de revanche sociale, les maîtres du monde et leurs valets organisent la division des classes populaires et démantèlent les dernières barrières de l'Etat-providence pour instaurer la dictature des marchés.La France compte 7 millions de travailleurs pauvres, plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation de solidarité.Indifférents aux ravages du capitalisme, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches, planifiés des milliers de suppressions de postes dans la fonction publique et remis en cause le droit de grève. Leurs priorités ne sont décidément pas les nôtres.

Les assassins sont parmi nous. Mais leur force apparente ne repose que sur du sable et déjà, au Venezuela ou en Bolivie, les peuples se soulèvent contre la barbarie capitaliste et inventent une autre société.Chez nous aussi, Sarkozy et son gouvernement, peuvent être défaits. Première étape d'une lutte qui ne fait que commencer, la rentrée sociale doit être placée sous le signe de la résistance et de l'espoir. Résistance et espoir : avec le Parti Communiste, ces deux mots peuvent se conjuguer au présent.
David Noël, fédération du Pas de Calais (éditorial du 23 août 2007)

Rassemblement contre la politique SARKOZY

Marie-George Buffet estime que l'opposition ne joue pas pleinement son rôle et veut impulser un grand "rassemblement" à l'automne contre la "politique réactionnaire" de Nicolas Sarkozy.
Invitée lundi sur France 2, notre secrétaire nationale a souligné que le PCF prendrait une "initiative", sans doute un "grand rassemblement populaire" sous forme de meeting ou de manifestation.
"Il faut que la gauche soit porteuse de propositions et pas seulement de critiques", a-t-elle dit. "Il faut donner à voir que l'opposition est là et que d'autres choix sont possibles dans notre pays", a-t-elle dit.
Selon MGB, l'opposition doit notamment se mobiliser contre le service minimum dans les transports, ainsi que sur les questions de santé et d'emploi.
Concernant l'avenir du PCF, MGB a confirmé qu'un congrès extraordinaire se tiendrait en décembre 2007, avant un congrès extraordinaire en décembre 2008 au cours duquel elle "passera la main" à la direction du PCF.
Interrogée sur les déclarations rassurantes du gouvernement à propos de la crise financière actuelle, MGB a répondu : "Je pense qu'il y aura un impact, on le voit aujourd'hui, la croissance est molle."
"Il faut plus de transparence mais il faut surtout changer la logique qui prévaut aujourd'hui (...) Il faut changer le rôle des banques centrales, notamment le rôle de la Banque centrale européenne (BCE)."

Une question de point de vue ...

Le président français Nicolas Sarkozy compte parmi les hommes les mieux habillés du monde, selon un classement établi par le magazine américain Vanity Fair.
Le président français côtoie le footballeur britannique David Beckham, l'acteur Brad Pitt ou le chanteur Lenny Kravitz.
"Nicolas Sarkozy est habillé avec une classe internationale. Il a fière allure, à la fois masculin et romantique, avec un sens développé de l'humour et de l'aisance", a expliqué Amy Fine Collins, une des rédactrices en charge du numéro spécial de Variety.
"Nous aimons le costume Prada qu'il portait lors de sa prise de fonction et nous ne changerions rien à sa garde-robe même pas ses tenues de jogging", a-t-elle ajouté.
Parmi les femmes, l'actrice française Charlotte Gainsbourg compte parmi les plus élégantes tout comme la princesse Alexandra de Grèce, Angelina Jolie ou encore Demi Moore.

lundi 9 juillet 2007

Nouveau Blog


Tout nouveau, tout beau, plus clair et plus aéré : le nouveau blog de la section hellemmoise du PCF

http://pcflm.gauchepopulaire.fr/

Cinq députés PCF veulent un sous-groupe pour marquer "l'identité communiste"



=> Cinq députés communistes ont décidé mardi de constituer une "composante à part entière" au sein du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR, rassemblant communistes, Verts et députés des Dom), en vue de marquer l'"identité communiste" et "républicaine".

Jacques Desallangre (Aisne), Jean-Pierre Brard (Seine-Saint-Denis), Jean-Jacques Candelier (Nord), André Gerin (Rhône) et Maxime Gremetz (Somme) entendent ainsi marquer "leur attachement à la sensibilité républicaine et à l'identité communiste", précisent-ils dans un communiqué.

Ils attendent dans les prochains jours du groupe GDR qu'"il reconnaisse leur existence en son sein avec les droits, les devoirs et les moyens qui en découlent".

Dans le cadre du "pluralisme", ces élus entendent "apporter leur contribution loyale et efficace dans la recherche d'une société plus juste, humaniste et solidaire", ajoutent-ils.

Lors de la réunion du groupe GDR mardi matin, ces députés, a-t-on appris par ailleurs de source parlementaire, ont menacé de quitter le groupe si leur demande n'était pas avalisée.

Le GDR est un groupe technique - sans accord politique - regroupant 24 députés divisés en trois composantes lors de sa création: communiste, verte, ultramarine.


Source : AFP Presse